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22 juil. 2024 à 18h06
Fini les camions, les bus et les scooters. En plein centre de Paris, la rue de Rivoli est désormais aux mains des piétons, cyclistes et usagers de trottinettes électriques. À quelques jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la sécurité se renforce dans la capitale.
Si pour les riverains cette mise sous cloche est appréciable, elle fait bondir les commerçants de la zone rouge.
Des réparations à reporter
« C’est un vrai plaisir ! » s’émerveille Zeineb. La jeune fille aux perles rouges autour du cou profite de cette artère parisienne vidée de ses moteurs. « On circule normalement. On n’a pas peur des véhicules », apprécie-t-elle.
Le constat est partagé par Laurence. Cette factrice parcourt la rue en long et en large quasiment tous les jours à la force de ses jambes. Depuis 2020 déjà, les voitures ne peuvent plus circuler. Le phénomène est désormais renforcé avec la mise en place du périmètre de sécurité antiterroriste. « Et ça me plaît », tient-elle à souligner, contrairement à Manuel qui déplore le report de la circulation dans la rue du Roi-de-Sicile, où il tient un magasin de vêtements.
Installé derrière son comptoir de la rue de Rivoli, Jérôme s’emporte. Chez lui, les clients se font rares depuis quelques années et les baux se cèdent de plus en plus difficilement. La faute, selon lui, aux mesures prises pour éliminer les voitures de la rue de Rivoli. « Je suis là depuis sept ou huit ans et avant, les gens venaient en voiture. Ils se garaient devant le restaurant et entraient direct », se souvient-il.
Depuis quatre ans, les automobilistes doivent faire un détour, se garer quelques mètres plus loin et venir à pied jusqu’à la brasserie. « Pour les réparateurs, c’est pareil ! » fulmine-t-il. « Avec les Jeux, c’est encore pire, c’est la catastrophe. On est obligé de reporter à septembre les réparations », prévient-il.
Du café pour quinze jours
Juste en face, Bérangère aussi est préoccupée. La restauratrice, installée près du manège de Saint-Paul, a dû revoir la gestion de ses réserves. Les passages des camions de livraison ne sont plus si fréquents. « C’est compliqué, on doit s’y prendre en avance. Maintenant, il faut commander du café pour quinze jours », illustre celle qui, d’ordinaire, n’en commande que pour une semaine. « On est un petit restaurant donc on ne peut pas avancer autant d’argent. »
Près de la tour Saint-Jacques, la terrasse de Lain est presque vide. Le soleil et le ciel bleu promettaient pourtant une belle journée pour le chiffre d’affaires du bar-tabac. Avec le bouclage des ponts pour la cérémonie d’ouverture sur la Seine, les clients ne peuvent plus changer de rive. « Les terrasses sont vides alors que ça nous coûte très cher d’en avoir une ici », signale la commerçante inquiète. Et si la situation venait à durer, cela pourrait s’avérer problématique pour sa trésorerie.
Le président de l’Union des métiers et des industries (Umih), Thierry Marx, alerte d’ailleurs sur l’impact des périmètres de sécurité pour les professionnels de la restauration à Paris. « Nos commerçants, nos restaurateurs, nos hôteliers, sont touchés par les Jeux, par ce blocage de l’hypercentre », a-t-il averti dimanche 21 juillet sur le plateau de BFMTV. Et d’avancer des pertes de « quasiment 60 % » dans certaines zones et d’autres qui « atteignent 30 % ».
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