Par

Marie Pomme

Publié le

22 août 2026 à 6h04

Quand il se promène aux Tuileries, Tanguy ne voit pas seulement les bancs, les arbres ni le sable des allées. Les yeux fichés sur son téléphone qui affiche le plan du jardin, il scrute ce que le simple promeneur ne voit pas : des Pokémon. Virtuellement, il lance une pokéball droit sur l’obélisque de la Concorde. Et hop, c’est gagné, Viskuse, jolie créature en forme de méduse, rejoint son pokédex.
Depuis des années, cet habitant de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) est un assidu de Pokémon Go. Le jeu, lancé en 2016, fête cette année ses dix ans.

Un côté un peu addictif

Le trentenaire aux tresses poivre et sel nous a donné rendez-vous au jardin des Tuileries pour une raison précise. À l’écart de la grande roue et des vendeurs de churros de la fête foraine, « c’est un endroit où il y a pas mal de Pokémon ». Il dégaine son téléphone pour partir en quête de ces créatures mystiques.

« Un jour, un peu par ennui chez moi, j’ai décidé d’installer Pokémon Go. Je me suis dit, si ça se trouve, ça va durer 30 minutes, ça va me saouler, je vais arrêter. Puis en fait, je me suis un peu pris d’addiction », blague-t-il. Enfant de la génération Pokémon, il a assidûment « poncé » les premières éditions du jeu vidéo, sorti pour la première fois en 1996. « Ce qui me plaît dans Pokémon Go, c’est qu’il y a un côté un peu addictif, il y a le côté collection. Par le passé, j’ai souvent été assez collectionneur de plein de choses en tout genre, et donc, c’est ce qu’on retrouve dans le jeu », décrit-il.

Cinq téléphones en simultané

Tous les jours, il y consacre minimum trente minutes, « au moins pour faire une quête journalière et un raid si j’ai le temps ». Cette passion lui a d’ailleurs permis de rencontrer d’autres joueurs. Sur Facebook, il fait partie d’un groupe dédié aux dresseurs de Paris qui compte près de 15 000 membres. « Jusqu’au Covid, on faisait des sorties, notamment dans Paris », rembobine-t-il. Le but : se rassembler pour jouer des raids légendaires – des quêtes où il faut être minimum trois pour réussir.

Mais certains malins trouvent des combines. « J’avais justement croisé une nuit dans Paris où j’allais mettre des Pokémon dans des arènes. J’ai croisé un monsieur d’environ 40 ans, qui avait une sorte de bracelet mécanique sur lequel il avait posé trois de ses téléphones et il avait encore un téléphone dans chaque main », s’étonne-t-il encore. Tanguy, lui en a deux, et donc deux comptes. L’un lui sert à progresser dans le jeu, tandis que le deuxième lui sert de « réserve » de Pokémon, qu’il peut ensuite échanger avec ses pairs.

La nostalgie

Selon un article du MIT Technology Review, paru en mars 2026 et rédigé par Will Douglas Heaven, Niantic Spatial, une entreprise d’IA issue du développeur du jeu, utilise les images prises par les joueurs pour entraîner des systèmes d’IA. « Oui, j’ai déjà entendu ça, mais en fait, c’est déjà le cas des captchas Google, donc en fait, ça existe depuis 20 ans », argue Tanguy. Incessamment sous peu, son compte va fêter ses dix ans. « C’est surtout des adultes qui jouent », observe-t-il. Une manière pour les nostalgiques de cheminer encore avec la franchise de notre enfance.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.