Alors que le ministère de l’Éducation nationale a confirmé une « intrusion frauduleuse » visant ses fichiers et « l’exfiltration de données à caractère personnel », les académies de Créteil et Versailles seraient particulièrement concernées par cette fuite massive. De quoi provoquer l’inquiétude des parents d’élèves.

Quelles données d’enseignants et d’élèves franciliens ont-elles fuité suite au piratage visant l’Éducation nationale fin juillet ? Dans un communiqué publié mardi à propos de cet « incident de sécurité », le ministère rappelle avoir « rendu publique l’intrusion frauduleuse dont il a été victime dans la nuit du 25 juillet et l’exfiltration de données à caractère personnel qu’elle a pu entraîner », et assure qu’il « poursuit ses expertises techniques afin d’établir la nature exacte et l’étendue des données exfiltrées ».

Le ministère, qui a porté plainte contre X auprès du parquet de Paris et saisi l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), entraînant une enquête judiciaire, affirme que « l’ensemble des personnels susceptibles d’être concernés ont été informés individuellement ». « Si ces expertises établissent que d’autres personnes sont concernées, elles en seront informées individuellement, dans les mêmes conditions que les personnels », et ce via leurs représentants légaux « s’il devait s’agir d’élèves », ajoute le communiqué.

Le piratage a été revendiqué par le groupe de hackers ZeroBytes, qui affirme également être derrière le piratage des données fiscales de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), indique l’AFP. Numéros de téléphone, adresses mails, adresses de domicile, remontant parfois jusqu’aux années 2000… Les données personnelles de plusieurs millions d’élèves français et des dizaines de milliers d’enseignants seraient concernées.

Le site spécialisé French Breaches précise que le groupe cybercriminel revendique avoir extrait notamment 24 Go de données et 1 581 fichiers qui concernerait « principalement l’académie de Créteil », mais aussi 1,6 Go de données correspondant « à des extractions d’annuaires académiques concernant Créteil et Versailles ». Pour Créteil, la revendication inclut des fichiers liés aux « élèves en difficulté ou en situation de décrochage ».

Contactées, l’académie de Versailles et l’académie de Créteil renvoient vers le communiqué du ministère de l’Éducation nationale. Également contacté, le ministère indique ne pas faire « davantage de commentaires quant aux données concernées académie par académie ».

« C’est silence radio, on n’a pas encore obtenu d’informations officielles sur le contenu des fichiers volés et les académies les plus touchées, mais aussi l’accompagnement pour protéger les familles. On attend des retours », explique Mustafa Ozcelik, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), à France 3 Paris Île-de-France. Il déplore « un manque d’anticipation » et « un retard accumulé » face aux risques de sécurité.

« C’est très inquiétant, des données sensibles concernant des enfants sont en jeu. Il peut se passer tout et n’importe quoi. L’ampleur est très importante. On a besoin d’instaurer un climat de confiance, on n’attend pas juste une réponse technique. Comment ces données ont-elles fuité ? Et comment protéger les élèves, par exemple face au risque de phishing ? On veut des mesures concrètes et précises, la réponse n’est pas assez rapide », réagit Mustafa Ozcelik.

Du côté des syndicats d’enseignants, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, appelle à un « bilan transparent et officiel », dans un message publié sur Bluesky. Dans un communiqué, la FSU, deuxième organisation de la fonction publique d’État, déplore une « grande insuffisance » dans « l’information aux personnels » après les fuites de données issues de fichiers du ministère de l’Éducation nationale et du fisc.

Au rayon fuite de données personnelles de l’été, l’Education nationale fait aussi très fort

– des données stockées depuis 2001 ?! J’étais encore élève 🫠

– selon le site spécialisé, le piratage de l’été est massif : des millions d’élèves et de personnels.

À quand le bilan transparent et officiel ?!

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— Sophie Vénétitay (@svenetitay.bsky.social) 18 août 2026 à 08:48

Dans son communiqué, le ministère de l’Éducation nationale évoque en tout cas « un plan de renforcement de la sécurité de ses systèmes d’information ».

Il appelle « à la plus grande vigilance face aux tentatives de fraude qui suivent ce type de publication, en particulier l’hameçonnage et l’usurpation d’identité », invitant à signaler « tout message suspect » aux autorités académiques « sans y répondre ni cliquer sur les liens qu’il contient ».