Une demande d’enquête officielle

Dans une lettre envoyée le 30 juillet, les élues de la ville de Paris chargées de l’université, Mélody Tonolli, et des relations internationales, Audrey Pulvar, demandent au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, « une enquête sur la gestion et le fonctionnement de la Maison de l’Argentine ». Toutes deux expriment dans ce courrier leur inquiétude face aux « décisions d’évictions » de « plusieurs résident.e.s » de la Maison de l’Argentine « sans solution pérenne de relogement pour la rentrée ». Elles déplorent en outre le retrait d’une plaque commémorative consacrée aux 30 000 disparus de la dictature argentine.

« Nous déplorons par ailleurs que soient autorisées, tel que cela nous a été rapporté, dans un établissement universitaire de renommée internationale, des réunions diffusant des idéologies d’extrême droite, négationnistes, porteuses de haine et de discriminations », écrivent les élues. Si de tels faits étaient avérés, ils seraient « de nature à entraîner une ferme protestation de la Ville de Paris », soulignent-elles.

Le nouveau directeur au cœur de plusieurs polémiques

Santiago Muzio a pris la tête de la Maison de l’Argentine en 2024, après avoir dirigé depuis 2020 l’antenne de Madrid de l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (Issep), université privée fondée par la députée européenne d’extrême droite française Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen. Depuis, cette résidence, créée en 1928, s’est retrouvée au cœur de plusieurs polémiques. Son directeur a notamment refusé de signer la charte des valeurs de la Cité universitaire, qui interdit les discriminations fondées sur le genre ou l’orientation sexuelle.