Le syndicat des eaux d’Ile-de-France, qui prévoit d’adapter ses trois usines d’eau potable (Marne, Seine et Oise) à la technique d’ultrafiltration par osmose inverse, a obtenu cet été le feu vert pour l’usine de Choisy-le-Roi (Seine) et de Méry-sur-Oise. L’avis n’a pas encore été rendu pour Neuilly-sur-Marne.
En matière de traitement de l’eau, deux philosophies s’affrontent depuis plusieurs années en Ile-de-France, un traitement des eaux en amont, solution prisée Eau de Paris, l’établissement public en charge de la production d’eau potable de la capitale, et un traitement hyper filtrant par osmose inverse, défendu par le Syndicat intercommunal des eaux d’Ile-de-France (Sedif), qui abreuve environ un tiers des habitants de la région. Ce filtrage extrêmement fin (100 000 à 1 million de fois plus petits qu’un cheveu) est permis grâce à une pression supérieure à celle qui résulte naturellement de la différence de concentration entre deux liquides. L’eau s’écoule dans le sens inverse du processus naturel de l’osmose. Le Sedif défend cette solution en arguant que son périmètre de captation, les eaux de la Marne, la Seine et l’Oise, nécessitent ce traitement pour garantir une propreté de l’eau conforme, sur le long terme, ajoutant que cela permet un meilleur goût, car il ne sera plus nécessaire de mettre autant de chlore dans l’eau. Le projet suscite néanmoins le débat, en raison du rejet des particules filtrées un peu plus loin dans les cours d’eau, et de l’importante quantité d’énergie nécessaire du dispositif, ainsi que de son coût.
Le Sedif, qui dispose de trois usines dédiées à chacun de ses bassins de captage (Oise, Marne et Seine) a procédé ces dernières années à des consultations publiques pour adapter ses trois usines. Ce printemps, il a reçu l’avis favorable des commissaires enquêteurs après deux dernières concertations pour l’usine de Méry-sur-Oise et celle de Choisy-le-Roi, qui ont chacune suscité le débat, avant d’obtenir cet été des autorisations environnementales de la part des préfets de l’Oise et du Val-de-Marne.
Le projet, dessiné par Lelli Architectes
La commission d’enquête “ considère que le grand intérêt de la prévention des pollutions en amont des zones de captage n’exclut pas la nécessité du traitement des eaux à distribuer aux usagers ”, tranche le rapport dédié à l’usine de Choisy, dans ses conclusions. “ L’eau fournie aux usagers aujourd’hui est certes potable mais pour autant la recherche et le développement de doivent pas s’arrêter du fait de la présence dans les eaux de surface exploitées par l’usine de Choisy-le-Roi de nombreux micropolluants d’origine agricoles, industriels et domestiques. De plus, de nouveaux micropolluants sont détectés quotidiennement et nécessitent pour les éliminer des dispositifs de plus en plus performants, ce qui est le cas du système couplant la nanofiltration et l’osmose inverse basse pression. ”
Feu vert en attente pour l’usine de Neuilly-sur-Marne
Reste désormais à obtenir le feu vert pour la troisième usine, celle de Neuilly-sur-Marne, qui a reçu un avis assez critique de l’Autorité environnementale tandis que le maire de la ville voisine, Neuilly-Plaisance, s’inquiète des rejets en aval et des nuisances potentielles induites par le raccordement électrique de l’usine. Le sujet a aussi fait débat à Saint-Denis, opposant la nouvelle municipalité LFI, qui veut sortir du Sedif, à l’ancien maire PS. Pour l’heure, le procédé a néanmoins été testé à une petite échelle, au sein de l’usine. (Voir notre reportage). A suivre.
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