Le mardi 7 juillet 2026, une opération de dépistage de la tuberculose s’est tenue dans une résidence sociale parisienne. Organisée par le Centre parisien de lutte anti-tuberculose (CLAT 75), cette action visait à aller à la rencontre des personnes les plus exposées à la maladie, à faciliter l’accès au dépistage et à favoriser une prise en charge précoce.
À cette occasion, nous avons
suivi les équipes du CLAT et échangé avec Lounès Belkacem, médiateur en santé,
afin de mieux comprendre le fonctionnement de ce dispositif de dépistage « hors
les murs ».
Un dispositif de
prévention au plus près des habitants
Dispositif de la direction
de la Santé publique de la Ville de Paris, le Centre parisien de lutte
anti-tuberculose (CLAT 75) assure des missions de prévention, de dépistage et
de suivi de la tuberculose sur le territoire parisien.
En complément des
consultations réalisées dans ses antennes, le CLAT intervient grâce à un camion
de radiologie mobile qui se rend directement dans les résidences sociales,
foyers ou autres structures accueillant des personnes particulièrement exposées
à la maladie.
Cette unité mobile permet de
réaliser sur place des radiographies pulmonaires, examen de première intention
pour dépister la tuberculose. Lorsque le camion ne peut être installé, un autre
dispositif mobile peut prendre le relais.
Dépister
rapidement pour limiter la transmission
La tuberculose est une
maladie infectieuse qui atteint principalement les poumons. Lorsqu’un cas est
déclaré, une enquête est menée afin d’identifier les personnes ayant eu des
contacts rapprochés avec le patient.
L’objectif est de détecter
rapidement d’éventuelles infections, de proposer un traitement précoce et de
limiter ainsi la transmission de la maladie.
Aujourd’hui, la tuberculose
se soigne efficacement grâce aux antibiotiques, mais un diagnostic précoce
reste indispensable.
La médiation en
santé, un levier essentiel
Au-delà du dépistage, le
dispositif repose sur un important travail de médiation.
Comme l’explique Lounès
Belkacem, médiateur en santé, son rôle consiste à créer un lien de confiance
entre les équipes médicales et les résidents. En amont de chaque intervention,
il travaille avec les responsables des résidences et les délégués des habitants
qui jouent un rôle essentiel dans le bon déroulement des opérations.
Présents
aux côtés des équipes du CLAT, ces derniers informent les résidents, répondent
à leurs questions, facilitent les échanges et contribuent à instaurer un climat
de confiance. Leur proximité avec les habitants favorise l’adhésion au
dépistage et permet d’accompagner les personnes les plus éloignées du système
de soins, parfois freinées par la barrière de la langue, la peur des
institutions, leur situation administrative ou la méconnaissance de leurs
droits.
Un travail
partenarial pour toucher les publics les plus vulnérables
Cette collaboration permet
de renforcer le suivi médical et l’accès aux soins des personnes les plus
éloignées des dispositifs
de santé.
Une action de
prévention avant tout
Lors de cette intervention,
67 personnes ont bénéficié d’une radiographie pulmonaire.
Si le nombre de cas détectés
reste faible – environ un à deux cas pour 500 radiographies réalisées –, ces
opérations conservent un intérêt majeur en matière de prévention, de
sensibilisation et de diagnostic précoce.
Comme le rappelle Lounès
Belkacem : « La tuberculose existe encore. »
Il souligne l’importance de
poursuivre ces actions d’aller-vers afin de mieux faire connaître la maladie,
favoriser le dépistage et réduire les inégalités d’accès aux soins.
Les
bénéficiaires témoignent
Les résidents rencontrés au
cours de cette journée partagent un constat commun : la proximité du
dispositif, sa gratuité et la rapidité de la prise en charge facilitent
largement leur participation.
L’un d’eux, déjà sensibilisé
en tant que délégué de résidence, souligne l’importance de ces campagnes dans
un lieu de vie collectif et encourage régulièrement les autres habitants à se
faire dépister.
Un second résident raconte
que c’est grâce à une précédente campagne qu’une tuberculose lui avait été
diagnostiquée. Pris en charge rapidement, il a pu suivre un traitement jusqu’à
sa guérison. Convaincu de l’utilité du dispositif, il encourage aujourd’hui son
entourage à participer au dépistage.
Enfin, un troisième
bénéficiaire met en avant la simplicité du parcours : réaliser une radiographie
directement au pied de son lieu de résidence lui évite de se rendre à l’hôpital
et lui permet de reprendre rapidement ses activités
Au-delà des chiffres, cette
journée de dépistage illustre l’importance d’aller vers les publics les plus
exposés. En rapprochant la prévention des lieux de vie et en s’appuyant sur un
travail de médiation et de confiance, le CLAT contribue à rendre le dépistage
plus accessible aux personnes qui en sont les plus éloignées.
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