Comment voir, plutôt apercevoir, Céline Dion ? La question, pour les fans, ou les curieux, massés devant le palace où elle est installée à Paris depuis le 28 août, est surtout : à quel moment ? Deux occasions fugaces se présentent chaque jour. Quand la chanteuse, star, diva, déesse vivante… on ne sait plus comment la qualifier, quitte son hôtel pour rejoindre la Plenitude Arena à Nanterre, où elle va se produire pour 16 concerts à partir du samedi 12, et quand elle revient de ces répétitions.
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Comment voir, plutôt apercevoir, Céline Dion ? La question, pour les fans, ou les curieux, massés devant le palace où elle est installée à Paris depuis le 28 août, est surtout : à quel moment ? Deux occasions fugaces se présentent chaque jour. Quand la chanteuse, star, diva, déesse vivante… on ne sait plus comment la qualifier, quitte son hôtel pour rejoindre la Plenitude Arena à Nanterre, où elle va se produire pour 16 concerts à partir du samedi 12, et quand elle revient de ces répétitions.
Céline Dion a inventé un rituel, devenu un show à part entière. Elle prend à chacune de ces allées et venues quelques minutes, parfois plus, pour échanger avec ses admirateurs, 100 à 300 personnes selon l’heure. Des bises d’un geste de la main, deux trois mots, voire quelques fragments de chanson entonnés a cappella. La séquence quotidienne est captée en direct par une armée de smartphones et inonde aussitôt les réseaux sociaux.
“ On sera toujours avec elle”
Les horaires de ces apparitions fluctuent, mais la chanteuse québécoise a ses habitudes. Elle part au boulot en fin d’après-midi, elle en revient dans la nuit. Une routine de pop star. Aussi nous voici ce mardi à 18 heures parmi la foule de ses dévots, le long de barrières alignées devant son palace, le Royal Monceau, à deux pas de l’Arc-de-Triomphe. Qui sait, peut-être la star planétaire existe-t-elle vraiment, et aura-t-on la chance de la voir quelques secondes.
Certains patientent depuis le début de l’après-midi. Leur hantise : que ce mardi soit un jour de repos pour « Céline », qu’elle ne quitte pas son hôtel, insaisissable à jamais. Malgré l’incertitude, l’ambiance est détendue, bon enfant. La ferveur n’empêche pas l’humour. « Elle a dû rester sur le fuseau horaire du Canada… » commente une fan, constatant que son idole ne sort jamais avant 18 ou 19 heures. Un autre, Théo Moll, graphiste, moqueur, note : « Une chose que j’aime dans les concerts de Céline, c’est que tout est ultra-cadré. Toujours les mêmes larmes au même moment ». Pour autant, il n’a pas l’ombre d’un doute. « Son émotion est authentique. Elle a vécu plusieurs épreuves, comme la mort de René, la maladie. On est là ce soir pour elle, et on sera toujours avec elle ! »
Elle part au boulot en fin d’après-midi, elle en revient dans la nuit“Vulnérabilité”
Joscelin Cousin, 21 ans, étudiant en histoire, estime : « C’est une immense chanteuse, mais c’est surtout son humanité, sa vulnérabilité qui créent un lien unique ». Son compagnon Mickael Nanne, éducateur spécialisé, 27 ans, ajoute : « Certaines de ses chansons, comme “I’m alive”, ou “J’irai où tu iras” me remontent le moral ». Ils n’ont pas trouvé de places pour les concerts. « Si on la voit quelques minutes ici, ça compensera un peu… ».
18 h 20. « Céline, dépêche-toi, je n’ai plus de batterie ! » lance une fan. Éclat de rire général. Une autre conseille à une copine : « Ne perds pas tes lunettes, ce serait dommage de la voir en flou après quatre heures d’attente ».
18 h 30. Un van aux vitres teintées approche de l’hôtel. Il se gare pile devant l’entrée. Frémissement dans la foule. 18 h 40. « L’homme au pull bleu », identifié par les groupies comme le chef de la sécurité, sort du palace, prend position devant l’établissement, suivi de trois « bodyguards » qui parlent activement à leurs oreillettes. Frémissement au carré. Quelque chose se prépare. « Elle va sortir… » murmure-t-on. 19 heures. Dans le hall du palace, de plus en plus de silhouettes. L’agitation semble aller crescendo.
“Grand show”
19 h 20. Un agent glisse des affaires dans le van, deux autres voitures arrivent. Le staff, une douzaine de personnes, est désormais rassemblé devant l’hôtel. La pression monte. Encore un peu de patience.
19 h 45. Clameur, cohue. La chanteuse apparaît. Lunettes noires, gants noirs, botte noires, chignon, longue tunique gris anthracite. Mi vestale mi-diva. Elle multiplie les sourires et les saluts, agitant la main à la manière royale d’Elizabeth II, prend le temps de se rapprocher de ses fans, longe les barrières, dresse ses bras en V dans un geste qui évoque les candidats en meeting. Céline présidente !