HUMEUR – Le chef parisien aux additions vertigineuses confesse qu’il n’était « pas à l’aise avec le fait d’exclure » les moins fortunés et annonce qu’il veut nourrir ses futurs clients autrement.
Avec la mine grave d’un ordonnateur de pompes funèbres, Bruno Verjus a annoncé mardi dernier au monde entier, par le truchement d’une courte vidéo en anglais et en noir et blanc, que le « fine dining » était mort et que par conséquent il fermerait son restaurant parisien, Table, après le service du 22 décembre. Vatel, le maître-queux du Grand Condé, se suicida pour une marée arrivée en retard à Chantilly ; M. Verjus, qui n’a pas que l’on sache de problèmes de livraisons, se saborde sur son compte Instagram et préfère entraîner derrière lui la haute gastronomie que la laisser orpheline.
Si l’autodidacte de la rue de Prague jette l’éponge c’est, explique-t-il, parce qu’il ne se sent « pas à l’aise avec le fait d’exclure » les convives impécunieux de son établissement ouvert en 2013, gratifié de deux étoiles par le Guide Michelin, classé 8e meilleur restaurant du monde par le pittoresque World’s 50 Best qui l’avait même propulsé précédemment à la troisième place. Après treize années d’exercice, il constate qu’un menu à 480 € hors boisson (ultime tarif en vigueur), avec des accords (vins, sakés et/ou thés) facturés de 200 € à 400 €, même servi avec une grande décontraction, ne constitue finalement pas la meilleure manière d’encourager le vivre-ensemble.
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