Le lundi 8 juin dans la soirée, lors du rassemblement devant le ministère de la Justice en hommage à Lyhanna, Andréa Bescond, réalisatrice du film les Chatouilles, engagée contre les violences sexuelles faites aux enfants, a été arrêtée par les services de police déployés à l’occasion de la mobilisation. Placée en garde à vue dans la nuit, elle a finalement été relâchée dans la matinée de ce mardi 9 juin, comme l’a confirmé son avocate à Libé.

«Deux personnes» ont été interpellées «pour outrage et rébellion place Vendôme lors de la manifestation à laquelle participaient notamment des membres de l’association Face à l’inceste», lundi 8 juin vers 21 h 30, déclare le parquet de Paris à Libération. Avisé ce mardi matin, «le parquet a donc donné pour instruction de lever immédiatement ces deux mesures de garde à vue», fait savoir la juridiction.

Un rassemblement «non-violent»

Sur Instagram, le compte militant @Incesticide a publié une vidéo de la scène, où l’on voit Andréa Bescond se débattre et tomber à terre alors qu’elle est arrêtée par quatre policiers.

La procédure a ensuite «été classée sans suite au motif de l’inopportunité des poursuites», précise le parquet de Paris auprès de Libé ce mardi dans le courant de l’après-midi. Il n’y a donc pas de poursuites à l’encontre d’Andréa Bescond.

Connue pour ses «posts noirs» sur Instagram, dans lesquels elle recense les affaires de violences sexuelles et de pédocriminalité, Andréa Bescond était à l’initiative de la mobilisation Place Vendôme, aux côtés d’autres associations.

A la mi-journée, la réalisatrice s’est exprimée sur les réseaux sociaux : «C’était un peu une surprise de se retrouver avec ces gros boucliers qui nous poussaient alors que nous faisions un rassemblement non-violent depuis deux heures. […] Mais tout va bien». «Pensées émues pour tous les pédocriminels qui n’ont jamais passé une nuit en garde à vue», a-t-elle cyniquement réagi.

«Nous interrogeons les motifs d’interpellation d’Andrea Bescond et les raisons ayant conduit à la détenir pendant plus de douze heures dans une cellule d’un commissariat parisien», ont ensuite partagé les avocates de la réalisatrice, Me Gwendoline Tenier et Me Marie Grimaud dans un communiqué, réagissant aux images de l’arrestation de leur cliente. «Un tel zèle de l’institution policière et judiciaire» «ne peut que susciter une très vive émotion» pour l’ensemble des manifestants, «face à l’inertie de la justice dans les dossiers de pédocriminalité», ont-elles écrit.

De son côté, l’association Mouv’Enfants s’est indignée dans une publication de sa secrétaire nationale, Suzanne Frugier : «On laisse les pédocriminels en liberté et on embarque les survivant·e·s qui s’engagent pour la protection des enfants».

Auprès de Libération, la responsable associative dénonce «un scandale» et rapporte que Mouv’Enfants a lancé un appel à témoins sur ses réseaux sociaux, après «des échauffourées» vers la fin du rassemblement.

Mis à jour le 10/06/2026 à 9 h, avec le communiqué des avocates d’Andrea Bescond.