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27 oct. 2026 à 19h16
L’horizon devait se dégager. Raté. « C’est une situation inédite », tonne auprès d’actu Paris Sophie Rachet, déléguée CGT de Gibert. Six mois après avoir été placé en redressement judiciaire, le groupe spécialisé dans le livre neuf et d’occasion a manqué de convaincre les juges. L’audience du lundi 26 octobre au tribunal d’activités économiques de Paris, qui devait déterminer la prolongation ou la sortie de la période d’observation de sa procédure de redressement judiciaire, s’est soldée par un report au 7 décembre prochain.
« Pour la première fois, la responsabilité de la direction est engagée »
Sollicité par actu Paris, Gibert a confirmé cette information en rappelant que le tribunal a repoussé le délai afin que le groupe « finalise les éléments qui lui permettront de statuer » sur le classement ou non de la procédure. « Les administrateurs ont jugé que les éléments présentés par la direction, à l’appui d’un cabinet, dans le plan n’étaient pas assez fiables. C’est très inquiétant et pas du tout rassurant pour les salariés. Pour la première fois, la responsabilité de la direction est engagée », déplore la représentante cégétiste du personnel.
Ce report fait office de sérieux avertissement pour le groupe, qui traverse une tempête sociale depuis plusieurs mois. En septembre dernier, un accord avait pourtant été trouvé entre la direction et les syndicats dans le cadre du plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE), prévoyant la suppression de 80 postes en France, dont 24 à Paris, et la fermeture de plusieurs magasins. Une issue trouvée après plusieurs mobilisations très suivies.
Dans la capitale, la librairie tourisme-ésotérisme du quai Saint-Michel (6e) et le corner Gibert du Printemps Nation (11e) ont fermé en septembre. « Le magasin de Barbès est en cours de fermeture », fait savoir l’institution du livre, née à la fin du 19e siècle. Du côté des salariés, la procédure de licenciements avance. « On a actuellement 22 salariés qui vont recevoir une lettre dans les prochains jours », indique Sophie Rachet.
Des ruptures de commande à deux mois de Noël
Alors que le plan produit déjà des effets, les perspectives s’avèrent particulièrement moroses. « On n’a jamais été aussi inquiets », déclare la représentante du personnel. Un sentiment qui s’appuie sur des consignes données dans les magasins. « On nous a dit de suspendre les commandes et de faire uniquement des retours pour faire de la trésorerie. Or, on est à l’approche de Noël. On a besoin de stock. C’est anxiogène », explique la cégétiste.
Les organisations syndicales craignent un « nouveau PSE ». Ce que réfute Gibert. « Cela n’est pas prévu. Tous les magasins devraient pouvoir revenir à la rentabilité grâce à l’application du plan à horizon 2028 », assure le réseau de librairies. Encore faut-il s’appuyer sur des données fiables et étayées.
« Le 7 décembre, c’est la dernière chance », alerte Sophie Rachet. Les six semaines à venir s’annoncent décisives. La direction va mandater un nouveau cabinet afin de construire une analyse approfondie du plan.
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