La hausse des loyers rend l’accès au parc privé de plus en plus difficile en Île-de-France, constate l’Institut Paris Région dans une chronique publiée ce 23 juillet. Entre 1984 et 2020, les loyers médians ont été multipliés par 3,8 dans les locations vides, alors que l’indice d’inflation cumulé est resté inférieur à 2. Le taux multiplicateur a même été de 3,9 dans les meublés. Ces derniers coûtaient ainsi environ 7 euros de plus par m² en 2020 .  Une différence qui s’explique “ structurellement, par des parcs de logements dissemblables en termes de surface et de localisation, les locations meublées étant, dans l’ensemble, plus petites (le loyer au m² des petites surfaces est systématiquement plus élevé que celui des grandes), plus centrales, et donc plus chères ”, détaille l’étude.

Loyers plus chers au centre et à l’ouest

La progression se poursuit. Dans l’agglomération parisienne, le loyer médian de l’ensemble des locataires est passé de 18,3 euros par m² en 2014 à 20,8 euros en 2025, soit une hausse de 13,7 %. Pour les nouveaux locataires, il atteint 22,5 euros. À Paris, le niveau s’élève à 27,3 euros par m², soit 9 euros de plus que dans le reste de l’agglomération.

“ Depuis 2020, la carte des loyers fournit une information sur les loyers à l’échelle de la commune. Selon ces données, on observe que les loyers en Île-de-France suivent dans l’ensemble, à partir des arrondissements parisiens centraux (aux loyers supérieurs à 35 euros/m²) un gradient centre-périphérie dégressif ; la “ pente ” de ce gradient diffère toutefois suivant la direction considérée, le niveau des loyers au m² descendant en particulier plus lentement (selon une pente plus “ plate ”) dans le gradient ouest de l’agglomération parisienne, qui se maintient au-dessus des 20 euros/m² sur une plus grande distance ”, observe l’Institut.

Mais taux d’effort locatif supérieur en Seine-Saint-Denis et dans l’ouest du Val-de-Marne

Cette pression frappe d’abord les ménages aux revenus faibles. Les 25 % de locataires les plus modestes consacrent 48,5 % de leurs ressources au loyer dans le parc vide et 50,4 % dans le meublé. Ils versent ainsi “ près de la moitié de leurs ressources mensuelles ” pour se loger. À Paris, le taux d’effort brut médian atteignait 34 % en 2022, contre 42 % pour les femmes seules et 39 % pour les familles monoparentales.

Les aides au logement contribuent à atténuer ce taux d’effort, en moyenne de 15 à 20 points et deviennent ainsi “ très souvent indispensables pour rendre les loyers simplement “soutenables” ”. Même si elles ne suffisent toutefois pas toujours. En 2024, 68 000 ménages du parc locatif privé (hors étudiants), soit 46 % des bénéficiaires de la Métropole du Grand Paris, consacraient encore plus de 40 % de leurs revenus au logement après les aides.

Pour cartographier ce taux d’effort, l’Institut défend un “ indicateur de tension locative ”, “ en ramenant le niveau des loyers “ de marché ” au m² sur le revenu disponible par unité de consommation médian des ménages locataires présents au sein de la commune. ”

“ Il apparaît, à travers cet indicateur, que les tensions entre loyers de marché et revenus les plus marquées sont concentrées principalement dans des communes centrales ou relativement centrales, au sein desquelles les ménages locataires sont parmi les plus pauvres, c’est-à-dire sur une large part du gradient nord de l’agglomération parisienne (principalement en Seine-Saint-Denis et dans le sud du Val-d’Oise), ainsi que, dans une moindre mesure, dans une partie des communes du gradient sud, notamment dans la partie ouest du Val-de-Marne (Ivry-sur-Seine, Villeneuve-Saint-Georges, etc.) et dans d’autres communes plus isolées de grande couronne aux médianes de revenus très basses (Grigny, Évry, Les Mureaux, etc.) ”, observe l’Institut.