Guerre en Iran : un rebondissement majeur entre Paris et Téhéran, Trump maintient la pression

L’ambassadeur de France en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué dimanche au ministère des affaires étrangères iranien après l’interpellation de deux diplomates français à Téhéran, accusés « d’ingérence ».

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L’essentiel


La guerre entre les États-Unis et l’Iran s’est poursuivie ce lundi 27 juillet. Les États-Unis ont reporté une vaste campagne de frappes contre l’Iran, qui aurait pu durer jusqu’à deux semaines, afin de laisser une chance aux efforts diplomatiques pour rouvrir le détroit d’Ormuz, sur fond d’inquiétudes concernant les stocks américains d’intercepteurs antimissiles. « Nous avons bien plus de munitions que n’importe quel autre pays au monde, et bien davantage que nécessaire », a rappelé Donald Trump dans The Wall Street Journal pour maintenir la pression sur l’Iran, niant toute pénurie.
Les discussions entre Washington et Téhéran sont-elles rompues ? « En fait, on leur parle en ce moment », assure le président des États-Unis. « Je pense qu’ils deviennent de plus en plus sérieux au fil des jours, peut-être pour une raison évidente », a-t-il ajouté, en allusion aux bombardements américains. De son côté, l’armée iranienne a prévenu dimanche que le conflit au Moyen-Orient va « s’étendre encore » si les attaques américaines venaient à reprendre et dément toute négociation avec Washington, ce lundi.
Le détroit d’Ormuz est toujours au cœur des tensions régionales. Ce lundi, la marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché six navires d’emprunter le détroit d’Ormuz, rapportent les médias iraniens. « La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l’aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour », a déclaré un correspondant de la télévision d’État depuis le Golfe.
L’ambassadeur de France en Iran a été convoqué dimanche au ministère des Affaires étrangères, a annoncé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baqhaï ce lundi. Celui-ci a dénoncé des « ingérences dans les affaires internes de son pays », accusant la France d’agir « sous des appellations fallacieuses comme la promotion des droits de l’homme ou la défense de la société civile ». La convocation de Pierre Cochard fait suite à la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne, le 19 juillet. 

En direct

27/07/26 – 20:49 – Des drones envoyés sur l’Arabie saoudite depuis l’Irak, une enquête ouverte

FIN DU DIRECT – L’Arabie saoudite a affirmé avoir intercepté des drones envoyés depuis l’Irak. Drones qui ont été détruits alors qu’ils visaient des installations pétrolières, a-t-on appris par voie de communiqué. Lundi soir, le Premier ministre irakien a annoncé qu’une enquête avait été ouverte pour faire toute la lumière sur cet incident.

27/07/26 – 18:42 – Des « discussions très approfondies » en cours entre Washington et Téhéran

À l’occasion d’un entretien accordé à la chaîne de télévision israélienne Channel 12, le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé que son pays menait actuellement des « discussions approfondies avec l’Iran ». Comme à son habitude, Donald Trump a profité de sa prise de parole pour envoyer un message de mise en garde à Téhéran. « Si ces pourparlers n’aboutissent pas, nous reprendrons une action militaire puissante. Soit cela avance rapidement, soit cela n’avancera pas du tout », a-t-il ainsi prévenu.

27/07/26 – 16:26 – Les cours du pétrole chutent avec l’accalmie de la guerre

Après trois nuits consécutives sans frappes américaines en Iran, laissant la porte ouverte à de nouveaux pourparlers entre les belligérants, les investisseurs se sont montrés soulagés. De quoi faire chuter les cours du pétrole. A l’ouverture des marchés asiatiques ce lundi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord cédait 5,89 %, à 91,08 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), reculait de 5,73 %, à 84,19 dollars. Rappelons que le 23 juillet, les cours s’étaient envolés au-delà des 100 dollars, après des attaques en mer Rouge.

27/07/26 – 16:18 – Six navires bloqués par l’Iran dans le détroit d’Ormuz

Ce lundi 27 juillet, le détroit d’Ormuz demeure au cœur des tensions régionales, malgré une pause dans les bombardements entre les Etats-Unis et l’Iran depuis trois jours maintenant. Aujourd’hui, la marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché six navires d’emprunter le détroit d’Ormuz, rapportent les médias locaux. « La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l’aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour », a déclaré un correspondant de la télévision d’Etat depuis le Golfe. Preuve de la main-mise de Téhéran sur ce bras de mer hautement stratégique à l’échelle du commerce mondial.

27/07/26 – 14:23 – Les hostilités en pause depuis vendredi soir

Aucun bombardement américain n’a été signalé en Iran depuis vendredi soir, marquant une pause dans les hostilités après deux semaines de frappes sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril. De son côté, l’Iran n’a revendiqué aucune attaque contre ses voisins du Golfe alliés de Washington, et ces derniers n’ont fait état d’aucune alerte nocturne.

27/07/26 – 14:11 – L’Iran dément toute négociation avec les Etats-Unis

La diplomatie iranienne a affirmé ce lundi 27 juillet qu’elle ne menait actuellement aucune négociation avec les États-Unis, malgré l’arrêt récent des combats entre les deux pays. « Des médiateurs peuvent nous transmettre des messages de la part des Américains concernant les évolutions actuelles dans la région. Mais à l’heure actuelle, nous ne sommes engagés dans aucune négociation avec les États-Unis », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, lors de son point de presse hebdomadaire. « Les affirmations selon lesquelles l’Iran aurait demandé des négociations sont des inventions que la partie adverse diffuse de temps à autre », a-t-il ajouté, alors que Donald Trump affirmait que des négociations avec Téhéran étaient bien en cours.

27/07/26 – 12:58 – L’Iran convoque l’ambassadeur de France

L’ambassadeur de France en Iran a été convoqué dimanche au ministère des Affaires étrangères, a annoncé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baqhaï ce lundi. Celui-ci a dénoncé des « ingérences dans les affaires internes de son pays », accusant la France d’agir « sous des appellations fallacieuses comme la promotion des droits de l’homme ou la défense de la société civile ». La convocation de Pierre Cochard fait suite à la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne, le 19 juillet.

Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères français, avait rapporté que ces deux agents avaient été « détenus sans raison pendant plusieurs heures, interrogés et, pour l’un d’eux, molesté », avant de pouvoir rejoindre l’ambassade. Le chef de la diplomatie française avait dénoncé une « action d’intimidation extrêmement grave », précisant que les deux hommes portaient des « programmes de soutien à la société civile, et notamment aux artistes et scientifiques iraniens ».

« C’est la partie française qui doit s’excuser », a déclaré Esmaeil Baghaei, le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien ce lundi, dénonçant une « fuite en avant » des autorités françaises. Selon lui, les deux diplomates ont mené, sous couvert de leur mission et de l’ambassade, des activités qui ne sauraient être justifiées au regard de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques.

En savoir plus

Le début de la guerre en Iran, lancée par les Etats-Unis et Israël

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l’Iran. Côté israélien, l’opération est nommée « Roaring Lion » (Lion rugissant), côté américain « Epic Fury » (« Fureur épique »). Les objectifs vont du renversement du régime à l’affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël. 

En plus de cibler l’arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d’élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l’objet de spéculations.

La réplique de l’Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient

Dès le 28 février 2026, l’Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d’Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l’Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a qualifié cette offensive de « déclaration de guerre officielle » et lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.

Le 2 mars 2026, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette fermeture de « plus forte perturbation d’offre de l’histoire ».

Des négociations et un accord précaire entre l’Iran et les Etats-Unis

Après de nombreux échanges entre l’Iran et les Etats-Unis, assurés par les médiateurs pakistanais et quataris, les deux pays ont conclu un protocole d’accord le jeudi 18 juin 2026, prévoyant la fin des affrontements, la réouverture du détroit d’Ormuz et le renoncement de l’Iran à l’arme nucléaire. Le texte, signé par Donald Trump à Versailles, devait faire l’objet d’une nouvelle session de négociations de 60 jours. La reprise des hostilités à partir du 7 juillet 2026, après de nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz, a mis à mal ce protocole.