Par

Claire Huille

Publié le

28 juil. 2026 à 19h46

Les sacs d’affaires, les paires de rangers et les matelas gonflables s’entassent dans la cour du SDIS 27, le Service départemental d’incendie et de secours de l’Eure, à Évreux. Une vingtaine de sapeurs-pompiers viennent d’y rentrer, ce mardi 28 juillet 2026, après une semaine de lutte contre les incendies qui font rage dans le sud-ouest de la France.

Depuis le 23 juillet, ils et elles étaient engagés auprès de leurs collègues pour se battre contre les flammes qui dévorent la commune de Biscarrosse, dans les Landes.

Un lotissement à défendre

Positionnés aux côtés de pompiers seinomarins également venus en renfort au sein de la colonne « Normandie Est », les soldats du feu ont été postés en défense d’un lotissement de la commune landaise, pendant plusieurs jours d’affilée.

« On enchaînait 20 à 30 heures de travail quasi non-stop, témoigne la sergent-cheffe Amélie Nedelec. On était coupés des médias – pas de télé, presque pas de téléphone – et le seul temps libre qu’on avait, on l’utilisait pour manger et se reposer. »

S’ils regrettent de n’avoir pas pu sauver l’intégralité des habitations sur la zone qu’ils s’étaient vus attribuer, les pompiers eurois ont fait part de leur « fierté » d’avoir contribué à l’effort national déployé dans le sud-ouest de la France. Leurs proches se réjouiront également de les voir rentrer « sans casse » dans les rangs.

Les 20 sapeurs-pompiers volontaires et professionnels de l'Eure, partis en renfort sur les incendies dans le sud-ouest, ont été félicités et chaleureusement remerciés par leur hiérarchie.
Les 20 sapeurs-pompiers volontaires et professionnels de l’Eure, partis en renfort sur les incendies dans le Sud-Ouest, ont été félicités et chaleureusement remerciés par leur hiérarchie. ©CH / La Dépêche d’ÉvreuxÉpuisement et solidarité

Au-delà de la difficulté de l’opération, l’escouade retiendra aussi l’exceptionnel élan de solidarité sur place. Hébergés dans un centre de contrôle technique transformé en campement pour soldats du feu, ils retiendront aussi l’accueil de cette famille « qui nous a invités à manger chez eux », ou la générosité de ces évacués qui « nous donnaient des paniers » de vivres.

Épuisés par les heures de travail, la chaleur, l’humidité, les pompiers mobilisés ont désormais retrouvé leurs proches. Ils et elles doivent s’astreindre à un repos de 24 heures minimum. « Mais ce n’est pas toujours facile pour un pompier de rester au repos quand les collègues vont au feu », sourit le capitaine Florian Pico, du groupement gestion des opérations et des crises.

La relève déjà assurée

Présent lors de leur arrivée, le président du SDIS 27, Pascal Lehongre, a tenu à saluer leur engagement, les remerciant « au nom de toutes les personnes que vous avez secourues et des biens que vous avez sauvés ».

Sur la route du retour, les 20 soldats du feu ont croisé leur relève : un nouveau contingent de 20 sapeurs-pompiers eurois, volontaires ou professionnels est parti dès hier matin, pour les remplacer sur le terrain.

Attisés par les vagues de chaleur successives et le dérèglement climatique, les incendies en France ont déjà brûlé plus de 116 000 hectares en 2026.

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