Depuis l’annonce de la disparition de Kavinsky, retrouvé sans vie à son domicile parisien à l’âge de 50 ans, les hommages se multiplient.

Sa partenaire de scène Angèle, avec qui il avait interprété Nightcall lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024, lui a rendu un hommage bouleversant.

Les circonstances de son décès restent encore à déterminer, même si la piste d’un accident vasculaire cérébral (AVC) est étudiée par les enquêteurs.

Un enfant de Barbès, du Pré-Saint-Gervais et de Pantin

Au-delà de l’émotion, beaucoup redécouvrent aujourd’hui le parcours de celui qui s’appelait en réalité Vincent Belorgey. Avant les scènes internationales et les millions d’écoutes de Nightcall, le musicien a grandi dans un environnement très éloigné des clichés de la réussite facile.

Dans un entretien accordé au Parisien en 2022, il racontait avec beaucoup de franchise ses premières années. « Je suis un banlieusard », affirmait-il d’emblée. Né à l’hôpital Lariboisière, dans le quartier de Barbès, il rappelle aussitôt : « Je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche. »

Son enfance débute au Pré-Saint-Gervais, sur la place du Marché. Après le divorce de ses parents, sa mère, infirmière, élève seule ses trois enfants et déménage à Pantin. « Elle a fait tout le boulot. Et moi je faisais des petites conneries », racontait-il avec tendresse et lucidité. Cette jeunesse modeste marquera durablement son identité et son imaginaire artistique.

Le 18e arrondissement, son dernier quartier parisien

Même après être devenu une référence mondiale de la French Touch, Kavinsky est resté profondément attaché à Paris. C’est d’ailleurs dans la capitale qu’il vivait encore ces dernières années.

Le 28 juillet 2026, les secours ont retrouvé le musicien sans vie à son domicile situé dans le 18e arrondissement de Paris. Ce quartier populaire, qui prolonge l’histoire personnelle de l’artiste, constitue le dernier lieu où il a vécu avant sa disparition.

Le 18e possède une identité très particulière. Entre Montmartre, La Chapelle, Marx-Dormoy ou encore la Goutte-d’Or, il mélange depuis des décennies populations populaires, artistes et nouveaux habitants. Un environnement urbain qui n’est pas sans rappeler les quartiers où Vincent Belorgey avait grandi.

Ce n’est probablement pas un hasard si le musicien était resté fidèle à cette partie de Paris. Lui qui revendiquait volontiers ses origines populaires n’a jamais cherché à réécrire son histoire. Au contraire, il rappelait régulièrement d’où il venait et assumait pleinement ce parcours loin des circuits traditionnels de la musique.

De la banlieue parisienne à une carrière mondiale grâce à Nightcall

Pendant longtemps, rien ne destinait Kavinsky à devenir une figure internationale de l’électro. Adolescent, il multiplie les petits boulots avant de se rapprocher de son ami Quentin Dupieux, plus connu sous le nom de Mr. Oizo. Les deux passionnés collaborent sur plusieurs projets avant que Vincent Belorgey ne se lance véritablement dans la musique.

Le tournant intervient en 2010 avec la sortie de Nightcall, morceau coproduit avec Guy-Manuel de Homem-Christo, membre des Daft Punk. Un an plus tard, le réalisateur Nicolas Winding Refn choisit le titre pour ouvrir son film Drive, porté par Ryan Gosling.

Le succès est immédiat. Cette mélodie synthétique, à la fois mélancolique et hypnotique, fait le tour du monde. Des années plus tard, Kavinsky reconnaîtra lui-même l’importance de ce morceau. « Nightcall a changé ma vie », confiait-il simplement.

En 2024, le titre connaît une seconde jeunesse lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris. Aux côtés d’Angèle et du groupe Phoenix, le DJ offre une prestation qui devient instantanément virale. Plus de dix ans après Drive, Nightcall retrouve une place centrale dans la culture populaire.

La disparition brutale de Kavinsky laisse aujourd’hui un immense vide dans la musique électronique française. Mais derrière cette carrière internationale demeure aussi l’histoire d’un enfant de Barbès, du Pré-Saint-Gervais, de Pantin et enfin du 18e arrondissement de Paris. Un parcours profondément ancré dans les quartiers populaires qui ont façonné l’univers de celui dont les synthétiseurs continueront longtemps à résonner bien au-delà des frontières françaises.

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