Par

Julie Bossart

Publié le

9 août 2026 à 7h10

Pour « ceux qui restent », l’été à Paris n’est pas une partie de plaisir. Moins bondés, les transports en commun sont aussi plus difficiles à emprunter. En cause, et pour la bonne cause, les chantiers estivaux lancés par les différents opérateurs.
Alors que des travaux hors norme sont menés sur le RER B par la RATP depuis le 25 juillet 2026, occasionnant sa fermeture sur tout le tronçon parisien et jusque dans les Hauts-de-Seine, afin de moderniser les installations, une autre bataille du rail se joue sous Paris. Elle concerne aussi le RER B, ainsi que le RER D, et se joue entre gare du Nord (10e) et gare de Lyon (12e). Un tronçon stratégique emprunté chaque jour par près de 1 000 trains et, au total, par 1,6 million de voyageurs.
Cette fois-ci, c’est SNCF Réseau qui est à la manœuvre et agit sur trois leviers clés : le rajeunissement des aiguillages, la maintenance prédictive grâce à des capteurs intelligents et le renforcement du système d’alimentation électrique. 

Quarante aiguillages remplacés

Dans le tunnel reliant ces deux infrastructures ferroviaires, le gestionnaire procède (depuis le 25 juillet et jusqu’au 16 août également) au remplacement de 40 aiguillages – 26 à gare du Nord et 14 à gare de Lyon. Indispensables à la circulation des trains, ces équipements avaient été installés lors de la création des gares souterraines, à la fin des années 1970 et au début des années 1980. C’est la première fois qu’ils sont intégralement renouvelés.

Les aiguillages avaient été installés lors de la création des gares souterraines, à la fin des années 1970 et au début des années 1980. C’est la première fois qu’ils sont intégralement renouvelés.
Les aiguillages avaient été installés lors de la création des gares souterraines, à la fin des années 1970 et au début des années 1980. C’est la première fois qu’ils sont intégralement renouvelés. (©Clara Ferrand)

L’opération, estimée à près de 60 millions d’euros et financée par SNCF Réseau, est présentée comme la plus grande jamais réalisée en souterrain sur le réseau ferroviaire français. Elle représente à elle seule 50 % du programme annuel de renouvellement des aiguillages en Île-de-France.

Sécuriser et améliorer la régularité des lignes

Ce rajeunissement était « devenu indispensable afin de maintenir la sécurité des circulations, mais aussi d’améliorer la régularité des deux lignes, régulièrement touchées par des incidents techniques », reconnaît SNCF Réseau. Le tunnel reliant les deux gares constitue l’un des secteurs les plus sensibles du réseau francilien. Non seulement il concentre une partie importante des circulations des RER B et D, mais il présente aussi une particularité technique : il assure la transition entre deux systèmes d’alimentation électrique différents, l’un exploité par la RATP (1 500 volts), l’autre par SNCF (25 000 volts).

Cette cohabitation est à l’origine de perturbations de signalisation, notamment à proximité de la gare du Nord. Les nouveaux aiguillages seront reliés au système de signalisation par des connexions renforcées afin de limiter ces interférences électriques.

Préparé de longs mois en amont, le chantier mobilise 400 opérateurs de SNCF Réseau et des entreprises partenaires.
Préparé de longs mois en amont, le chantier mobilise 400 opérateurs de SNCF Réseau et des entreprises partenaires. (©SNCF Réseau)Des aiguillages « plus intelligents »

Non contents d’être neufs, ils seront également « plus intelligents ». Équipés de capteurs intégrés, ils surveilleront en temps réel l’état des installations. Les données collectées seront analysées instantanément par un algorithme d’intelligence artificielle, capable de détecter précocement les signes de fatigue ou d’anomalie. « Par exemple, l’algorithme peut détecter un sureffort sur un moteur d’aiguillage en constatant une consommation d’énergie anormale, précise SNCF Réseau. Grâce à cette détection précoce, des interventions ciblées peuvent être programmées avant qu’une défaillance ne perturbe le trafic. »

En combinant le remplacement des équipements, le renforcement de l’alimentation électrique et la maintenance prédictive grâce à l’intelligence artificielle, SNCF Réseau espère donc « réduire les incidents sur ce tronçon névralgique, avec un effet attendu sur l’ensemble des lignes RER B et D ».

Le chantier est particulièrement complexe :  La structure du tunnel n’est pas homogène entre les deux gares : selon les secteurs, le tunnel est constitué soit de deux tubes distincts, soit d’un ouvrage à double voie, avec un espace très limité pour intervenir.
Le chantier est particulièrement complexe : La structure du tunnel n’est pas homogène entre les deux gares : selon les secteurs, le tunnel est constitué soit de deux tubes distincts, soit d’un ouvrage à double voie, avec un espace très limité pour intervenir. (©SNCF Réseau)

À noter que les travaux se déroulent dans « des conditions particulièrement complexes ». La structure du tunnel n’est pas homogène entre les deux gares : selon les secteurs, le tunnel est constitué soit de deux tubes distincts, soit d’un ouvrage à double voie, avec un espace très limité pour intervenir. « Les opérateurs interviennent dans des conditions exigeantes, respectant une logistique millimétrée pour acheminer et installer les nouveaux aiguillages », insiste le gestionnaire.

Préparé de longs mois en amont, le chantier mobilise 400 opérateurs de SNCF Réseau et des entreprises partenaires.

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