Ayant le monopole sur la ligne Paris-Londres depuis sa création en 1994 avec 80% de parts et près de 20 millions de passagers transportés l’an dernier — l’Eurostar pourrait voir son statut bousculé. Trenitalia France, filiale du groupe ferroviaire public italien FS, a confirmé, vendredi 7 août, l’ouverture d’une ligne entre la capitale française et britannique en 2029, dans un communiqué relayé par BFMTV. En ce sens, Trenitalia a annoncé la commande de 19 trains à grande vitesse au constructeur japonais Hitachi pour « environ deux milliards d’euros ».
Neuf trains sont voués à remplacer les neuf qui sont actuellement exploités par le groupe ferroviaire italien sur les rails français et loués à Trenitalia Italie, autre branche de FS. Le reste de la commande, soit les dix autres trains, est destiné à la liaison Paris-Londres. Si la date de livraison n’est pas communiquée, une « mise en service fin 2029 » est prévue, a indiqué le directeur commercial, Fabrice Toledano.
Des trains à un étage et homologués pour le tunnel sous la Manche
A la différence du TGV M conçu par Alstom pour la SNCF et prévu à l’automne 2026, les trains de Trenitalia n’auront qu’un étage et seront confectionnés pour circuler sur les principaux réseaux européens à grande vitesse. Ils doivent aussi être homologués pour le tunnel sous la Manche et pour le marché britannique.
Pour financer cette commande de nouvelles rames Hitachi, Trenitalia s’appuie sur le fonds américain Certares qui prendra en échange une participation dans Trenitalia France, a précisé Fabrice Toledano. Un accord de principe sur un partenariat avait été annoncé quelques mois auparavant. « Ils ne seront pas majoritaires en pourcentage, le bouclage du partenariat est en cours de finalisation », a indiqué Fabrice Toledano.
Eurostar répond à la concurrence avec une commande de 50 nouvelles rames
Malgré ces ambitions, il faut rappeler que le marché du tunnel sous la Manche reste difficile d’accès. Les coûts des trains, de la maintenance et des péages ferroviaires sont très élevés. Une étude récente du cabinet Kern Consulting révélait qu’une rame adaptée à ces liaisons coûte environ 40 millions d’euros, bien plus que pour un TGV classique (30 millions).
Face à la concurrence, Eurostar a commandé 50 nouvelles rames Alstom à deux niveaux, capables d’accueillir davantage de passagers. Leur capacité pourrait augmenter de 20 à 30% selon les lignes, avec jusqu’à 540 places par train, voire plus de 1 000 en les couplant. « C’est le plus important investissement de la compagnie, deux milliards d’euros en tout, afin d’atteindre notre objectif de 30 millions de passagers par an », affirme le porte-parole d’Eurostar.