l’essentiel
Il revient sur la terre de ses exploits olympiques mais il a dû renoncer à trois de ses nages favorites. Pas à 100 %, Léon Marchand a dû faire des choix pour ces championnats d’Europe qui se tiennent du 10 au 16 août à Paris.
De la déception, bien sûr. Mais aussi, un certain soulagement d’être enfin au clair sur son programme de la semaine. Touché à l’adducteur depuis de nombreuses semaines, Léon Marchand a attendu le dernier moment pour décider du menu qu’il dégustera lors des championnats d’Europe de natation qui débutent ce lundi 10 août (jusqu’à dimanche) à Paris.
Après avoir renoncé au 200 m brasse il y a dix jours, le Toulousain a aussi décidé de ne pas s’aligner sur ses 4 nages adorées. Pas de 200 m, ni de 400 m sur la discipline mixte, courses sur lesquelles il est champion olympique et détient les records du monde. « À deux ou trois semaines près, ça aurait été. Donc on peut dire que le timing est plutôt mauvais », a-t-il souri, amer, lors d’une conférence de presse donnée dimanche.
Marchand s’alignera donc sur deux disciplines individuelles (au lieu de cinq prévues initialement). Le 200 m papillon – personne n’a oublié son titre olympique et son duel époustouflant face à Kristof Milak en 2024. Mais on découvrira aussi le nageur de 24 ans sur le 400 m nage libre. Une course qui lui faisait de l’œil depuis un bon moment et que Marchand a décidé de tester pour la première fois sur une grosse compétition. En prévision, on imagine, de son programme olympique de Los Angeles en 2028. « Je suis quand même capable de m’amuser cette semaine dans les courses sur lesquelles je suis engagé. Je pense qu’en crawl et en papillon, je peux quand même faire des choses assez amusantes et j’ai envie de me tester sur autre chose. »
On devrait aussi voir Léon Marchand lors des relais par équipe et notamment le 4 fois 200 m nage libre qui se déroulera dès ce lundi (la finale est prévue en clôture de la première soirée). Et puis ce sera tout jusqu’à vendredi pour le natif de la Ville rose. Le 200 m papillon se nagera vendredi (séries et demi-finale) et samedi (finale) tandis que le 400 m nage libre est attendu lors de la dernière journée, dimanche (série + finale ; voir programme page suivante).
« Les Europe sont une étape vers Los Angeles »
Une semaine allégée mais que Marchand décide de prendre du côté positif : « Je vais enfin pouvoir venir à la piscine juste pour regarder les copains », a-t-il lancé. D’autant qu’il sait que ces championnats d’Europe n’ont pas la même valeur que des Mondiaux ou des Jeux Olympiques par exemple. Et qu’il est plus sage de ne pas prendre le risque d’abîmer encore plus son adducteur récalcitrant.
« J’ai passé une IRM il y a trois jours et la blessure est guérie à environ 70 %, mais ce n’est pas suffisant : ça reste risqué de participer, et je ne veux pas gâcher toute la semaine », a-t-il expliqué, craignant une rechute. « J’avais peur de me refaire une blessure. Je n’ai pas senti que c’était assez solide pour pouvoir reconstruire une brasse dans les temps ». La sagesse a donc parlé.
Dans son entourage, on va dans le même sens : « Les championnats d’Europe sont une étape. C’est plus sage de se protéger, de se soigner comme il faut pour être en forme tout le reste de l’année et pour la suite. » La plus grande déception pour Marchand, c’est finalement de ne pas être à 100 % alors qu’il revient pour la première fois nager à Paris, terre de ses exploits olympiques il y a deux ans. « L’ambiance ? Je ne sais pas trop quoi en attendre, je vais essayer de prendre l’énergie qu’il y a à prendre », a-t-il indiqué. Mais il ne fait aucun doute que l’accueil du centre aquatique olympique de Saint-Denis sera bouillant pour le retour de son champion.