Le restaurant La Banquise, à Montréal, pourra bientôt sustenter davantage de gourmands. La mythique institution du Plateau-Mont-Royal ajoute dès vendredi soir une nouvelle cuisine pour accroître sa capacité de production, en plus de se lancer dans la livraison à domicile.
Croître sans dénaturer ce qui l’a rendue légendaire, c’est la recette que préconise la copropriétaire Émily Adam. « La Banquise, c’est la Banquise », elle ne changera pas, précise-t-elle. « Notre objectif, c’est vraiment d’aller chercher la clientèle qui ne vient pas à La Banquise, soit parce que l’hiver, il fait trop froid, et qu’ils ne veulent pas faire la file, soit parce qu’il y a de la pluie. »
L’augmentation de la production se fera grâce à une nouvelle cuisine, située sur la rue Saint-Denis, non loin de la maison mère. L’opération va entraîner la création d’une vingtaine de nouveaux emplois. La livraison sera faite par le service Uber Eats, jour et nuit, 7 jours par semaine, tout comme la salle à manger de la rue Rachel Est.
Pas question, cependant, d’ouvrir des franchises de La Banquise. L’ambiance du restaurant, sa localisation près du parc La Fontaine, les files d’attente… Ces ingrédients sont uniques et ne seront pas copiés, assure Mme Adam.
Frites, sauce et consolidation
Émily Adam et Jean-Christophe Lirette ont fait l’acquisition de La Banquise en 2023. Depuis 2022, les deux jeunes gens d’affaires sont également à la barre de la chaîne Ashton, qui compte plus d’une vingtaine d’adresses.
Les entrepreneurs ont ainsi mis la main sur quelques institutions de la poutine au fil des ans. Il y a plus de 10 ans, ils ont d’abord acquis le casse-croûte Ti-Oui, situé à Saint-Raymond. Cet été, c’était au tour du Roy Jucep, à Drummondville, un restaurant autoproclamé « inventeur de la poutine », de passer dans la grande famille Ashton, tout en conservant son identité.
Acheter des fleurons et conserver leur essence intacte, c’est la méthode mise de l’avant par Mme Adam et M. Lirette depuis quelques années. Cette assurance de pérennité de la marque a notamment convaincu Laurent Proulx de vendre Le Roy Jucep au duo. « Ça ne deviendra pas un Ashton. C’est important que ce soit clair », avait-il assuré.
« C’est un bel exemple de transfert d’entreprise en restauration avec un groupe de jeunes entrepreneurs », disait Martin Vézina, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec, au moment de l’achat de La Banquise il y a deux ans.