l’essentiel
Depuis le lancement, il y a trois ans, des travaux d’extension de l’hôtel de ville, la mairie de Montauban (Tarn-et-Garonne) a supprimé les feux rouges en bas de la côte de Sapiac. Objectif : fluidifier la circulation aux heures de pointe. Mais le giratoire aménagé à ce carrefour, au croisement de la rue de l’Abbaye et du pont Neuf, n’est pas toujours emprunté correctement. Des usagers pointent même un danger réel d’accident. Qu’en est-il vraiment ? Bernard Bouton, délégué à la mobilité à la Ville de Montauban, et Emmanuelle Delayahe, directrice des espaces publics, répondent à La Dépêche.
« Ce giratoire en bas de la côte de Sapiac est un vrai danger. La plupart des usagers ne ralentissent pas et font du tout droit entre le Pont Neuf et la rue de l’Abbaye et ne parlons pas de l’absence des clignotants ». Voilà l’alerte lancée, le 2 août 2026, par l’un des 22 400 membres du groupe public « Quoi de neuf à Montauban ? » sur le réseau social Facebook.
Pour emprunter régulièrement ce giratoire, très utilisé aux heures de pointe pour rejoindre depuis le cœur de ville la zone commerciale de Sapiac ou, par exemple, le quartier de Villebourbon et la gare SNCF, on peut confirmer l’impression de Gaëlle : « Quand on descend de la Grand rue Sapiac, il faut être ultra prudent car les automobilistes qui arrivent par la gauche et prennent le Pont Neuf tracent tout droit à grande vitesse… et le bâtiment de l’angle occulte la visibilité. »
Deux accidents constatés seulement par la police depuis 2024
Première interrogation : ce giratoire est-il accidentogène ? Non, répond Bernard Bouton, délégué à la mobilité dans l’ensemble des quartiers de la commune de Montauban. « En trois ans, la police nationale n’y a constaté que deux accidents. Le 28 décembre 2025, c’est un conducteur qui utilisait son téléphone au volant qui avait dévié de sa trajectoire. Le second accident est plus récent, il date du 4 avril 2026 mais là c’est un véhicule qui a heurté un plot béton qui sécurisait les travaux. » Le commissariat, qui y organise des contrôles comme sur le reste du réseau routier, note « une vitesse moyenne plus rapide sur l’axe rue de l’Abbaye-Pont Neuf ».
De son côté, la police municipale y est intervenue une seule fois pour un accident, le 1er janvier 2024 à 1 heure du matin : une embardée liée au passage au Nouvel An qui n’avait fait que des tôles froissées.
Un carrefour insuffisamment matérialisé ?
La configuration de ce giratoire est directement liée aux travaux d’extension de la mairie de Montauban, le projet baptisé « Hôtel de ville 3 ». « Cela fait trois ans qu’il est comme ça. Si on a opté pour un giratoire, en supprimant les feux tricolores, c’est pour fluidifier la circulation. Quand on a lancé le chantier Hôtel de ville 3, on a dû fermer la rue du Tescou, forcément ça a renvoyé plus d’usagers dans la Grand rue Sapiac. Les feux rouges créaient trop d’encombrement », explique Bernard Bouton.
À ce carrefour, « en raison de la présence de bâtiments à chaque angle, il était impossible d’aménager un gros giratoire maçonné » comme celui de l’avenue de Toulouse qui porte le nom du colonel Beltrame ou ceux qui jalonnent la route de Paris, vers Aussonne, ajoute Emmanuelle Delahaye. La nouvelle directrice des espaces publics au Grand Montauban annonce « une légère modification du tracé sur la rue de l’Abbaye » pour améliorer la visibilité pour les véhicules arrivant de la Grand rue Sapiac « mais on n’a pas beaucoup de marge de manœuvre », reconnaît-elle. Insuffisant sans doute pour que Christelle, une des membres du groupe « Quoi de neuf à Montauban ? » change d’avis sur ce giratoire qu’elle qualifie de « bien dangereux car même quand tous les usagers le respectent il est mal orienté ».
Des travaux annoncés
Dangereux ou pas, la mairie de Montauban va quand même faire quelques travaux à ce giratoire. « On avait opté pour un simple anneau peint, de façon à ce que le giratoire soit franchissable et visible, mais il est vrai qu’avec le temps la peinture a peu fané. Ce giratoire va être repris assez rapidement, une fois les travaux terminés à l’hôtel de Ville. On posera de l’enrobé là où il y avait simplement de la peinture, de façon à ce que les usagers aient moins la tentation de l’enjamber », promet Bernard Bouton. « On va aussi améliorer les trottoirs et l’arrêt de bus et installer des plantations si on a assez de profondeur de terre. »