Mais le roi des diamantaires (un titre attribué par le magazine Cosmopolitan en 1947) n’hésite pas non plus à associer sa pierre fétiche à des gouttes d’émeraudes sur une paire de boucles d’oreilles, ou encore sur un bracelet dont la forme twistée puise dans les archives des années 1960, tandis qu’un bracelet ruban associe plus de 26 carats de diamants jaunes et blancs. La haute joaillerie, version colorama…
La dentelle vénitienne de Buccellati
La maison milanaise, née en 1919, est devenue en plus d’un siècle d’histoire une référence dans l’univers de l’orfèvrerie et de la joaillerie. C’est dans un salon cossu de l’Hôtel Costes qu’elle dévoilait à Paris « Serenissima », une collection inspirée par la finesse de la dentelle à l’aiguille de Burano, l’une des îles de la lagune de Venise. Pouvait-il y avoir meilleur choix pour faire écho aux techniques, dont certaines remontent à la Renaissance, aujourd’hui encore employées par les artisans pour créer ces bijoux où chaque ajourage est réalisé et poli à la main ?

Collier composé d’éléments en nid d’abeille en or jaune, encadrés par des motifs en guirlande en or blanc sertis de diamants. Éléments triangulaires et rhombiques en or blanc sertis de diamants. Sur les côtés, gravure « rigato » et perles brillantes en or jaune. Buccellati, collection Serenissima.
Un jeune artisan était d’ailleurs sur place, pour montrer les coulisses du métier, et la subtilité des techniques du « modellato » et du « rigato », signatures de Buccellati. L’occasion d’apprendre que cette collection mettant avant tout à l’avant le travail de l’or (et le sertissage de centaines de diamants) connaît un vif succès : l’une des pièces maîtresses serait déjà vendue, grâce à une affiche judicieusement installée dans l’aéroport de Venise…
L’exubérance d’Anna Hu
Anna Hu est la réjouissante outsider de cette semaine de présentation. La joaillière indépendante, aujourd’hui installée à Monaco, est (re)connue pour ses pièces d’inspiration florales, et notamment ses délicates orchidées en forme de trompe-l’oeil aux pistils de pierres précieuses. Mais cette année, c’est une série de pièces imposantes qui sont présentées, de manière confidentielle, dans son appartement parisien. Et si la parure Route des Fleurs Impériales ne manque pas, avec ses tourmalines roses naturelles au teintes « framboise néon » et « fuchsia électrique », d’évoquer les étoffes roses des routes de la soie et les entrelacs des arts décoratifs de la dynastie Tang, la créatrice regarde aussi du côté du Rocher et son jardin exotique. Le résultat est superlatif, comme en témoigne ce collier associant imposants cabochons d’émeraudes, gouttes d’émeraudes et diamants…