Londres-2012, l’or inattendu
Vendredi 3 août 2012, 21h15 à Londres, ligne d’eau n° 7, Florent Manaudou, 21 ans, est surtout connu comme le petit frère de Laure. Porté par le collectif exceptionnel des Bleus, il déjoue les pronostics en s’emparant avec maestria de l’or sur 50 m libre.
Auteur comme à son habitude d’un départ exceptionnel, il parvient à résister jusqu’au bout à la meute. Avec un chrono de 21″34, il devance l’Américain Cullen Jones, 2e en 21″54, et le Brésilien César Cielo, le tenant du titre, 3e en 21″59. Son étreinte avec sa sœur Laure autour du cou devient l’une des images des Jeux.
« La première à Londres, c’était la surprise pour le grand public », se remémorait-il peu avant les Jeux. « J’avais l’envie de la gagner comme à chaque fois, c’est normal. Je n’étais pas favori du tout, c’était une médaille un peu plus inattendue que les deux autres, mais ce n’était pas forcément celle qui était la plus forte en émotions. »
Rio-2016, les regrets de l’argent
Depuis le début de la compétition, les Bleus sont loin des podiums. Ils se sont même perdus dans des querelles entre nageurs et avec leur encadrement. Quelques jours avant la finale du 50 m, ils perdent le titre du relais 4×100 m libre, malgré la présence de Manaudou. Les Tricolores sont battus par des Américains nettement plus forts et revanchards. Sur le podium, médaille autour du cou, ils affichent des mines d’enterrement, résumant parfaitement l’ambiance qui règne dans l’équipe.
Fort de ses trois titres de champion du monde en 2015, Manaudou se présente en fin de compétition sur sa distance fétiche en tant que favori, avec la lourde charge de sauver une équipe à la dérive. Mais il perd son titre olympique du 50 m libre, battu par le vétéran américain Anthony Ervin pour un centième, et se contente de la médaille d’argent.
« Rio, ça a été la médaille la plus compliquée. Même si c’est une médaille olympique, je ne l’ai pas du tout savourée. Quand on veut gagner et qu’on fait 2e à un centième de seconde, c’est toujours un peu compliqué. Donc celle-ci était difficile à avaler. »
Tokyo-2021, le retour réussi
Après trois années passées hors des bassins, à jouer au handball avec la réserve d’Aix-en-Provence, Florent Manaudou décide de se rejeter à l’eau. Ligne d’eau n° 5, il ne parvient pas à suivre le départ hors-norme de l’Américain Caeleb Dressel, parti rafler sa 4e médaille d’or de la semaine.
Mais si l’argent de Rio avait un goût de regret, celui de Tokyo a la saveur de l’or : le Français réussit son pari en décrochant la 2e place après s’être éloigné des bassins jusqu’au printemps 2019.
« La médaille d’argent à Tokyo, c’était sûrement la plus belle parce qu’il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées. Il y a eu un arrêt, un retour. Les six mois avant les Jeux ont été un peu compliqués, donc il y a eu un beau rebond. Je suis très fier d’avoir pu aller chercher une 3e médaille consécutive. »
Paris-2024, l’ultime quête
Porte-drapeau de la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux à domicile, Manaudou se qualifie de justesse pour la finale du 50 m nage libre. Excentré au couloir un, il apparaît détendu comme jamais, se permettant de lancer un clapping géant avec le bouillant public parisien.
Au terme de l’aller simple, il va chercher la médaille de bronze lors d’une finale remportée par l’Australien Cameron McEvoy, s’offrant à 33 ans une 4e médaille olympique en autant de finales.
« La fierté de cette saison, c’est d’avoir réussi à pouvoir kiffer et être détendu sur une finale olympique », déclare-t-il. « Ma quête est terminée, elle s’est terminée pendant ces Jeux. J’arrêterai quand j’arrêterai, mais j’arrêterai l’esprit tranquille. »