Arrivé à Paris diminué par une blessure musculaire à une cuisse contractée aux championnats de France, Léon Marchand a réduit son programme individuel à seulement deux courses. D’abord le 200 m papillon, discipline où il a remporté son premier titre continental en carrière. Et aussi le 400 m nage libre une épreuve bien plus inhabituelle pour le Toulousain.
« Le 200 m papillon, on en a beaucoup fait. Le 400 m crawl, très peu. Donc je pense qu’il y aura plus de doutes, mais c’est aussi un plus gros challenge pour moi, c’est quelque chose qui peut m’apporter beaucoup d’énergie et d’envie. » Léon Marchand a souvent évoqué son envie de sortir de sa zone de confort pour ne pas s’ennuyer et progresser. C’est pourquoi il avait par exemple mis l’accent sur le crawl lors de son escapade en Australie après les Jeux de Paris, où il s’était entraîné avec l’emblématique coach Dean Boxall, spécialiste de cette nage.
« Je prends cher ! »
Depuis le début de l’Euro, Marchand a pu se jauger sur la distance inférieure, le 200 m nage libre, au départ du relais 4×200 m conclu avec une médaille d’argent. Et le test a été particulièrement réussi puisqu’avec un chrono de 1′ 43 » 76, il a pulvérisé son record personnel et établi la meilleure performance mondiale de l’année, devenant le sixième meilleur performeur de l’histoire.
Même si la comparaison n’est pas la plus pertinente, il s’agit tout de même d’un chrono meilleur que le temps nagé par le Roumain David Popovici pour devenir champion d’Europe vendredi (1′ 44 » 15).
Pour s’améliorer sur cette épreuve, il a notamment pu s’appuyer sur son groupe d’entraînement au Texas dirigé pour l’ancien entraîneur de Michael Phelps, un collectif parfois comparé aux « Avengers » de la natation. « Ce n’est pas facile tous les jours, mais ça me nourrit vraiment. C’est quelque chose qui me stimule et qui m’aide à trouver d’autres solutions pour m’améliorer dans l’eau, détaille-t-il. Je prends vraiment du plaisir… Après, je prends cher aussi ! »
Se mesurer aux meilleurs
Avec un record personnel de 3′ 44 » 70, établi en avril, le nageur français se présentera dimanche 16 août 2026 en séries en tant que douzième meilleur performeur de la saison. Dans le bassin olympique de Saint-Denis, il fera en outre face à une concurrence de haut vol, avec notamment le recordman du monde de la distance, l’Allemand Lukas Märtens (3′ 39 » 96), également champion olympique en titre.
Pour aborder ce nouveau défi, le nageur de 24 ans s’est assez visiblement étoffé au niveau du haut du corps avec un travail de musculation spécifique. « En fait, en crawl, une des techniques, c’est quand même de partir vite sans trop mettre de jambes, explique-t-il. Et ça, j’avais besoin de le travailler avant l’entraînement. Du coup, ce sont des moments où je travaille beaucoup plus sur les bras que sur les jambes. »
En attendant de voir les résultats de ses efforts, la perspective de nager le crawl lui aura en tout cas permis de mieux vivre sa période de convalescence. « C’était un peu la lumière. De me dire que je vais enfin pouvoir faire du crawl comme je le souhaite. Le crawl, je ne l’ai jamais fait sur de grosses compétitions. Ça me donne un vrai objectif. »
Séries ce dimanche 16 août 2026 à 9 h 30 ; finale à 19 h 21.