{"id":11830,"date":"2026-08-22T03:17:12","date_gmt":"2026-08-22T03:17:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fra\/paris\/11830\/"},"modified":"2026-08-22T03:17:12","modified_gmt":"2026-08-22T03:17:12","slug":"la-france-a-expedie-des-centaines-de-tonnes-dor-hors-de-paris-a-partir-de-1939-leur-destination-finale-netait-sur-aucun-plan-de-depart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fra\/paris\/11830\/","title":{"rendered":"La France a exp\u00e9di\u00e9 des centaines de tonnes d&rsquo;or hors de Paris \u00e0 partir de 1939 : leur destination finale n&rsquo;\u00e9tait sur aucun plan de d\u00e9part"},"content":{"rendered":"<p class=\"gpsb-badge__text\">Vous aimez notre contenu ?<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link no-adv\" data-ad-skip=\"true\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\" aria-label=\"Ajoutez-nous \u00e0 vos favoris Google\">Ajoutez-nous \u00e0 vos<br \/>favoris Google<\/a><\/p>\n<p>Le 18 juin 1940, cinq navires quittent le port de Brest sous l\u2019escorte de deux contre-torpilleurs, charg\u00e9s de plusieurs centaines de tonnes de lingots d\u2019or. Leur feuille de route officielle indique Casablanca. Ils finiront \u00e0 Dakar, puis une partie de leur cargaison sera enfouie \u00e0 70 kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des terres, au Mali actuel. Rien de tout cela n\u2019\u00e9tait pr\u00e9vu lorsque la Banque de France a commenc\u00e9, d\u00e8s l\u2019automne 1939, \u00e0 vider ses coffres parisiens.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<p>Pourquoi la France a-t-elle d\u00fb vider ses coffres en quelques mois \u00e0 peine ?<br \/>\nComment 2 500 tonnes d\u2019or ont-elles pu voyager sans que personne ne le sache vraiment ?<br \/>\nDakar n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu : qu\u2019est-ce qui a forc\u00e9 ce changement de route dramatique ?<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<p><a href=\"#un-tresor-de-2-500-tonnes-a-mettre-hors-de-portee\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un tr\u00e9sor de 2 500 tonnes \u00e0 mettre hors de port\u00e9e<\/a><br \/>\n<a href=\"#juin-1940-la-plus-grande-flotte-d-or-jamais-rassemblee\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Juin 1940 : la plus grande flotte d\u2019or jamais rassembl\u00e9e<\/a><br \/>\n<a href=\"#des-destinations-qui-n-etaient-sur-aucun-plan-initial\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Des destinations qui n\u2019\u00e9taient sur aucun plan initial<\/a><br \/>\n<a href=\"#le-retour-cinq-ans-plus-tard\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Le retour, cinq ans plus tard<\/a><\/p>\n<p>Un tr\u00e9sor de 2 500 tonnes \u00e0 mettre hors de port\u00e9e<\/p>\n<p>\u00c0 la d\u00e9claration de guerre, la France d\u00e9tient l\u2019un des stocks d\u2019or les plus imposants au monde. En septembre 1939, la France d\u00e9tenait dans ses caves 2 500 tonnes d\u2019or, soit 20 % des r\u00e9serves mondiales des banques, et le deuxi\u00e8me stock d\u2019or du monde apr\u00e8s celui des \u00c9tats-Unis. Un magot jug\u00e9 trop vuln\u00e9rable \u00e0 Paris, \u00e0 quelques centaines de kilom\u00e8tres seulement de la fronti\u00e8re allemande.<\/p>\n<p>Le ministre des Finances de l\u2019\u00e9poque prend les devants. Lucien Lamoureux d\u00e9cide en septembre 1939 d\u2019\u00e9loigner cet or du pays et identifie trois ports d\u2019\u00e9vacuation : Toulon, le Verdon et Brest. Les premiers convois s\u2019organisent aussit\u00f4t. Entre septembre 1939 et avril 1940, la Marine nationale convoie en quatre fois 400 tonnes vers les \u00c9tats-Unis via Halifax, au Canada, mobilisant onze navires. En mars 1940, un nouveau d\u00e9part massif a lieu : 150 tonnes d\u2019or \u00e0 destination de Halifax, soit 3 000 caisses repr\u00e9sentant environ 7 milliards de francs-or, sont transport\u00e9es au d\u00e9part de Toulon par la \u00ab Force X \u00bb, compos\u00e9e de quatre cuirass\u00e9s et croiseurs. Chaque lingot standard p\u00e8se alors, comme aujourd\u2019hui, environ 12,5 kilos : une masse compacte, facile \u00e0 empiler dans les cales, mais redoutable \u00e0 manutentionner par milliers de caisses.<\/p>\n<p>Juin 1940 : la plus grande flotte d\u2019or jamais rassembl\u00e9e<\/p>\n<p>Le vrai basculement survient avec l\u2019effondrement du front. Au cours du mois de juin 1940, 1 700 tonnes d\u2019or ont pu quitter les ports fran\u00e7ais en direction du continent africain et de la Martinique, ce qui fut selon les historiens la plus grande \u00ab flotte d\u2019or \u00bb ayant jamais vogu\u00e9 sur les mers. L\u2019ampleur de la t\u00e2che se mesure aussi en nombre de caisses : \u00e0 Brest, le fort de Portzic renferme \u00e0 lui seul 750 tonnes d\u2019or, soit 16 200 caisses et sacoches de lingots, qu\u2019il faut acheminer jusqu\u2019au port dans un d\u00e9lai tr\u00e8s court.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration ne se d\u00e9roule pas sans accroc. Le 28 mai, au Verdon, des douaniers tentent de bloquer un embarquement faute de papiers en r\u00e8gle : ils seront neutralis\u00e9s par des marins, et 200 tonnes seront finalement embarqu\u00e9es \u00e0 bord du paquebot \u00ab Ville d\u2019Oran \u00bb pour Casablanca. Le croiseur \u00c9mile Bertin, surnomm\u00e9 le \u00ab L\u00e9vrier des mers \u00bb, joue un r\u00f4le central dans cette course contre la montre : il re\u00e7oit l\u2019ordre d\u2019\u00e9vacuer une partie de l\u2019or de la Banque de France et effectue deux travers\u00e9es de Brest \u00e0 Halifax, les 21 mai et 10 juin 1940. Le 18 juin \u00e0 18h45, cinq derniers navires quittent Brest, escort\u00e9s par les contre-torpilleurs \u00c9pervier et Milan, en m\u00eame temps que le reste de la flotte encore pr\u00e9sente dans le port.<\/p>\n<p>Des destinations qui n\u2019\u00e9taient sur aucun plan initial<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que l\u2019histoire prend un tour inattendu. Le convoi parti de Brest, cens\u00e9 rallier Casablanca, y arrive bien le 21 juin, rejoint deux jours plus tard par celui de Lorient. Mais l\u2019annonce de l\u2019armistice, le 22 juin, change toute la donne diplomatique. Le 24 juin 1940, les six navires transportant l\u2019or, escort\u00e9s par l\u2019\u00c9pervier et le Milan, appareillent vers Dakar, rejoints le 27 juin par le cuirass\u00e9 Richelieu, et le convoi arrive \u00e0 Dakar le 28 juin 1940 avec 1 120 tonnes d\u2019or. Casablanca, destination inscrite sur les ordres de mission, n\u2019aura \u00e9t\u00e9 qu\u2019une escale.<\/p>\n<p>\u00c0 Dakar non plus, l\u2019or ne reste pas sagement dans les coffres locaux. Apr\u00e8s l\u2019attaque britannique de Mers el-K\u00e9bir d\u00e9but juillet, la cargaison est jug\u00e9e trop expos\u00e9e en zone portuaire : elle est d\u00e9plac\u00e9e vers l\u2019int\u00e9rieur des terres, \u00e0 Kayes, une petite ville de l\u2019actuel Mali, \u00e0 des centaines de kilom\u00e8tres de la c\u00f4te. Pendant ce temps, l\u2019\u00c9mile Bertin, arriv\u00e9 \u00e0 Halifax avec sa cargaison, re\u00e7oit un ordre radicalement diff\u00e9rent de celui envisag\u00e9 au d\u00e9part : gagner la Martinique plut\u00f4t que de d\u00e9barquer au Canada. Il arrive le 24 juin \u00e0 Fort-de-France, o\u00f9 l\u2019or de la Martinique sera gard\u00e9 pendant le reste du conflit par l\u2019arm\u00e9e de Terre au fort Desaix. Au final, la r\u00e9partition de juillet 1940 n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec les plans de l\u2019automne pr\u00e9c\u00e9dent : l\u2019or se retrouve r\u00e9parti entre New York (1 145 tonnes), Fort-de-France (250 tonnes) et Dakar (1 100 tonnes, incluant l\u2019or belge et polonais confi\u00e9 \u00e0 la France). L\u2019ensemble de l\u2019op\u00e9ration s\u2019ach\u00e8ve le 7 juillet 1940, quatre mois apr\u00e8s les premiers grands d\u00e9parts de mars et \u00e0 peine trois semaines apr\u00e8s l\u2019armistice.<\/p>\n<p>Le retour, cinq ans plus tard<\/p>\n<p>L\u2019or ne rentre pas en m\u00e9tropole \u00e0 la Lib\u00e9ration, contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue. Il faut attendre la fin effective des hostilit\u00e9s et l\u2019organisation logistique du rapatriement. Le navire \u00cele d\u2019Ol\u00e9ron appareille de Saint-Nazaire le 12 septembre 1945, fait escale \u00e0 Casablanca puis arrive \u00e0 Dakar le 22 septembre, o\u00f9 il embarque environ 6 000 caisses d\u2019or, soit pr\u00e8s de 400 tonnes. Apr\u00e8s une nouvelle escale \u00e0 Casablanca puis \u00e0 Alger, le navire accoste \u00e0 Marseille les 10 et 11 octobre 1945 : plus de cinq ans apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 Brest ou Le Verdon, une partie du tr\u00e9sor retrouve enfin le sol fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Cet or n\u2019aura servi \u00e0 rien pendant la guerre elle-m\u00eame, mais son retour tombe \u00e0 point nomm\u00e9 pour la France exsangue de l\u2019apr\u00e8s-guerre. L\u2019or rapatri\u00e9 servira \u00e0 la reconstruction de la France, permettant de faire la soudure pendant plus de deux ans, jusqu\u2019en 1948, date de la mise en place du plan Marshall. Reste une question que peu d\u2019archives ont pleinement \u00e9clair\u00e9e : combien de temps, exactement, l\u2019or rest\u00e9 \u00e0 Kayes a-t-il mis \u00e0 repartir vers les c\u00f4tes s\u00e9n\u00e9galaises avant sa travers\u00e9e finale vers Marseille ? Sur ce point pr\u00e9cis, les registres consultables restent \u00e9tonnamment silencieux.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/dona-rodrigue.kazeo.com\/la-banque-de-france-pendant-la-guerre-1939-1945-a127003804\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">dona-rodrigue.kazeo.com<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.boursorama.com\/actualite-economique\/actualites\/banque-de-france-un-stock-de-plus-de-2-400-tonnes-d-or-enterre-a-paris-625cccba5f52d71dcb59a92cadd7fff1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">boursorama.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aimez notre contenu ? 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