{"id":7177,"date":"2026-08-06T23:12:06","date_gmt":"2026-08-06T23:12:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fra\/paris\/7177\/"},"modified":"2026-08-06T23:12:06","modified_gmt":"2026-08-06T23:12:06","slug":"congolais-de-paris-la-deuxieme-generation-et-les-langues-du-congo-5-5-reportage-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fra\/paris\/7177\/","title":{"rendered":"Congolais de Paris: la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration et les langues du Congo [5\/5] &#8211; Reportage Afrique"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                Pour ce cinqui\u00e8me \u00e9pisode, nous parlons ce matin d&rsquo;h\u00e9ritage linguistique. En France, de nombreux parents du Congo-Brazzaville ont choisi de ne pas transmettre les langues de leur pays \u00e0 leurs enfants, ce que ces derniers remettent parfois en question aujourd&rsquo;hui, souhaitant se connecter \u00e0 la culture de leur famille. Du lari au kiluba, ces descendants d&rsquo;immigr\u00e9s congolais comptent sur la langue pour se rapprocher du pays dont ils sont \u00e9loign\u00e9s.                    <\/p>\n<p>Un reportage de\u00a0Na\u00efma Dieunou Simo<\/p>\n<p>Cathy Bitounti est assise \u00e0 table, face \u00e0 ses parents. Entre deux chips aval\u00e9es sur le pouce, elle les \u00e9coute parler lari, la langue congolaise pratiqu\u00e9e chez elle depuis qu&rsquo;elle est toute petite. Sa m\u00e8re et son p\u00e8re viennent du <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/congo-brazzaville\/\" target=\"_self\" class=\"gtm-add-suggested-tag\" rel=\"nofollow noopener\">Congo-Brazzaville<\/a>. Ils sont arriv\u00e9s en <a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/france\/\" target=\"_self\" class=\"gtm-add-suggested-tag\" rel=\"nofollow noopener\">France<\/a> en 1999 et vivent \u00e0 Melun, au sud de la banlieue parisienne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mbote Nzago Cathy\u00a0\u00bb, dit son p\u00e8re \u00e0 son intention, en lari. \u00ab\u00a0Il m&rsquo;a dit \u00a0\u00bbbonjour \u00e0 toi\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb, traduit-elle. Cathy Bitounti est la seule des cinq enfants d&rsquo;Ir\u00e9n\u00e9e Cyriaque et d&rsquo;Armelle Bitounti \u00e0 comprendre cette langue. \u00ab\u00a0Mes parents ne m&rsquo;ont jamais appris \u00e0 le parler, mais \u00e0 la maison, ils ont toujours parl\u00e9 le lari. Et je pense qu&rsquo;inconsciemment, il y a des choses que j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9cortiquer. C&rsquo;est ce qui fait que maintenant, je le comprends tr\u00e8s bien\u00a0\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Mais cette transmission n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 chose facile. Comme dans de nombreuses familles venues du Congo, le fran\u00e7ais est la seule langue que les parents ont souhait\u00e9 transmettre \u00e0 leurs enfants. Armelle Bitounti, la m\u00e8re, l&rsquo;explique par l&rsquo;\u00e9ducation qu&rsquo;elle a re\u00e7ue au pays. \u00ab\u00a0Quand on grandissait, nos parents nous obligeaient \u00e0 parler fran\u00e7ais. M\u00eame nos grands-parents qui quittaient le village, quand ils venaient en ville et qu&rsquo;ils nous parlaient en lari, on leur r\u00e9pondait en fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, cependant, ces parents r\u00e9alisent que c&rsquo;est une part de leur histoire qui risque de se perdre. \u00ab\u00a0C&rsquo;est quelque chose qu&rsquo;on a h\u00e9rit\u00e9 des parents et de nos grands-parents, et qu&rsquo;on est en train de d\u00e9construire aujourd&rsquo;hui\u00a0\u00bb, regrette Ir\u00e9n\u00e9e Cyriaque.<\/p>\n<p>Toujours en r\u00e9gion parisienne, dans un parc, Rapha\u00ebl Dzouolo, 17 ans, partage ce constat. Comme Cathy, il voit dans l&rsquo;apprentissage de la langue un moyen d&rsquo;\u00eatre en phase avec sa culture congolaise. Il \u00e9coute r\u00e9guli\u00e8rement sa m\u00e8re parler kiluba et lui pose des questions. Mais pour l&rsquo;instant, Rapha\u00ebl ne peut prononcer que quelques mots. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai ce rapport compliqu\u00e9 parce que \u00e7a me coupe d&rsquo;une partie de mes racines, forc\u00e9ment, de ne pas savoir transmettre ni m\u00eame penser dans cette langue\u00a0\u00bb, confie-t-il.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas quelque chose qui est dit aussi frontalement, mais \u00e7a se ressent par rapport \u00e0 toutes les actions que notre m\u00e8re peut mettre en place. Je sais que parfois, elle nous envoie des vid\u00e9os, un peu de musique, de chant, pour tenter de r\u00e9apprendre. Mais \u00e7a reste quand m\u00eame un regret\u00a0\u00bb, ajoute-t-il. Pour Rapha\u00ebl, comme pour de nombreux jeunes, la langue parl\u00e9e par les parents et les grands-parents est un h\u00e9ritage qu&rsquo;il souhaite pr\u00e9server. Et peut-\u00eatre, le transmettre \u00e0 son tour aux g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n<p class=\"a-read-more\">\u00c0 lire aussi<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/podcasts\/reportage-afrique\/20260804-congolais-de-paris-les-terroirs-du-congo-un-magasin-de-produits-congolais-bio-en-plein-paris-3-5\" target=\"_self\" class=\"a-read-more__link\" rel=\"nofollow noopener\">Congolais de Paris: les Terroirs du Congo, un magasin de produits congolais bio en plein Paris [3\/5]<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Pour ce cinqui\u00e8me \u00e9pisode, nous parlons ce matin d&rsquo;h\u00e9ritage linguistique. 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