« À ce stade, aucune décision judiciaire n’a établi la moindre faute de gestion, le moindre détournement, ni la moindre responsabilité civile ou pénale », indique Jacques Fraselle dans son communiqué. L’ancien président déplore que des informations « partielles » ou « sorties de leur contexte » soient prises pour argent comptant avant même qu’il n’ait pu s’expliquer de manière contradictoire. Pour lui, la mise sous tutelle de l’ASBL par un réviseur d’entreprise est le fruit d’une « soif de pouvoir » de certains membres souhaitant l’évincer.

Le contexte : un audit accablant

Pour comprendre l’ampleur de la crise, il faut revenir aux conclusions d’Alain Lohnienne, l’administrateur provisoire désigné en février dernier. Comme le rapportent nos confrères de TV Lux, ce dernier a brossé un tableau sombre de la santé financière du GHS lors de l’assemblée générale. Cet audit évoque des dépenses non justifiées, on parle d’une quinzaine de milliers d’euros sans justificatifs clairs, des excès lors de la soirée annuelle de Bastogne qui aurait coûté 32 000 € pour un budget prévu de 18 000 €, sans aval formel du conseil, ainsi que des remboursements excessifs qui font craindre que l’association soit reconnue comme employeur par l’ONSS, ce qui exposerait l’ASBL à des arriérés de cotisations sociales.

Jacques Fraselle, de son côté, rappelle son investissement total et gratuit durant un quart de siècle. Il affirme que les décisions ont toujours été prises dans l’intérêt de l’association, sans enrichissement personnel, et que les mécanismes de contrôle internes (budgets, discussions en organes d’administration) ont toujours fonctionné.

Une bataille judiciaire qui ne fait que commencer

Malgré cette défense, le nouveau conseil d’administration (désormais composé de dix nouveaux membres et quatre anciens) ne compte pas en rester là. Toujours selon nos confrères, les membres ont voté la possibilité d’introduire une action en justice contre huit anciens administrateurs, dont l’ex-président. Ils pourraient se voir réclamer personnellement le remboursement des sommes litigieuses, ainsi que les frais de justice s’élevant à 40 000 €.

Parallèlement, l’Auditorat du travail de Liège nous a confirmé ce mercredi qu’une information judiciaire était bien en cours.

Jacques Fraselle, quant à lui, dit réserver ses droits face à toute atteinte à sa présomption d’innocence et souhaite que le débat retrouve enfin une forme de sérénité.