Au-delà de la question du service rendu, cette perspective soulève également un enjeu financier important pour les communes rurales, mais également pour les acteurs locaux qui pourraient demain devoir supporter le coût de prestations aujourd’hui assurées par le DNF. », poursuit M. Huberty.

Le député bourgmestre a alors posé les questions suivantes à la ministre Dalcq : Quels sont aujourd’hui les derniers constats et orientations qui ressortent des échanges menés avec le CODEP (NdlR : Comité de Département, un organe de concertation interne qui réunit l’inspecteur général et l’ensemble des directeurs), les agents et les organisations représentatives ? Pouvez-vous confirmer que les missions du département ont vocation à rester pleinement assurées par le service public ? Quelle est la liste des missions prioritaires identifiées à ce stade ? Des instructions sont-elles données pour garantir qu’elles seront demain effectuées ? Enfin, une évaluation a-t-elle été menée concernant le coût potentiel qu’aurait, pour les communes et d’autres acteurs locaux, une externalisation ou une privatisation progressive de certaines missions aujourd’hui assumées par le Département de la nature et des forêts ?

« Le nombre de fonctionnaires a augmenté, mais les effectifs du DNF ont baissé »

Anne-Catherine Dalcq a répondu que « le gouvernement wallon a donné la responsabilité aux directeurs généraux d’organiser leur administration au sein d’une trajectoire budgétaire donnée. En six ans, le nombre de fonctionnaires du SPW a augmenté de 10 % ».

« Les effectifs sont présents, mais le travail de réorganisation prend du temps. J’ai rappelé à M. Baiwir, le directeur général du SPW ARNE (NdlR : Service public de Wallonie – Agriculture, Ressources naturelles et Environnement), les priorités du Gouvernement wallon, dont la gestion des forêts wallonnes fait partie », précise la ministre.

Selon elle, le DNF « subit une pression forte suite à un cadre incomplet depuis plusieurs mandats et une pyramide des âges élevée. Ce sont les causes. Il faut néanmoins trouver les solutions à la situation actuelle. Cela se fait suivant différents timings ».

Chiffres contestés

Et la ministre Dalcq d’ajouter : « Je corrigerai d’abord certains chiffres. Le DNF, ce sont 755 ETP pour 795 agents, dont 631 au sein des services extérieurs. Si les effectifs du SPW ARNE ont globalement augmenté de 10 % depuis 2019, comme le SPW de manière générale, ceux du DNF ont baissé : -19 ETP en tout pour le DNF, directions extérieures comprises, mais -42 ETP pour les directions extérieures. Cette diminution pèse principalement sur les services extérieurs ».

« Pas d’abandon des missions du DNF et pas de privatisation »

Concernant la crainte de voir disparaître certaines missions du DNF, la ministre Dalcq le dit clairement : « Certains services connaissent des tensions importantes en matière de ressources humaines, notamment dans plusieurs cantonnements. Je tiens à être très claire : cette démarche ne constitue ni un abandon des missions du DNF ni une remise en cause du rôle du service public forestier. Il s’agit d’une mesure de gestion transitoire destinée à permettre aux équipes de se recentrer sur les missions essentielles, de préserver au maximum le bien-être des agents et la continuité du service. Contrairement à ce qui a pu être affirmé, il n’existe aucun projet de privatisation ou de démantèlement du DNF », affirme la ministre.

Prendre du galon pour faire de la place aux autres

S’agissant des effectifs, Anne-Catherine Dalcq explique que « plusieurs actions sont en cours. Un travail d’évaluation des besoins a été engagé avec l’administration afin d’identifier les priorités de recrutement et les fonctions les plus critiques. Par ailleurs, le projet d’ouverture de fonction d’encadrement C1 est en cours. Ces postes d’encadrement par avancement de grade bénéficiant d’un remplacement systématique pourraient être une partie de la solution afin de renforcer le nombre d’agents sur le terrain, pour autant que ces postes soient pourvus. »