Orthopédiste de formation, actif à Libramont et au CHU de Liège, Jacques Magotteaux s’était spécialisé en orthopédie pédiatrique. « J’étais souvent démuni lorsqu’il fallait confier ces enfants à des kinés ayant les compétences spécifiques nécessaires, se rappelle-t-il. Mary Piron partageait ce constat. Nous avons décidé de créer ce centre ensemble, avec aussi l’aide d’un kinésithérapeute qui s’est rapidement formé dans ce domaine. »
120 enfants y sont suivis
Le développement du centre s’est accéléré au début des années 2000, notamment avec le déménagement sur le site de Sainte-Ode en 2003. Trois ans plus tard, l’arrivée de classes d’enseignement spécialisé de type 4 transforme encore davantage la prise en charge.
« Avant cela, certains enfants devaient partir de chez eux à 6 heures du matin pour rejoindre Marloie, explique le médecin. Ils rentraient vers 17 h 30 avant d’enchaîner avec les séances de kiné ou de logopédie. Un rythme de vie insupportable. »
Aujourd’hui, plus de 120 enfants bénéficient d’un suivi multidisciplinaire au centre Éclore, intégré au service de revalidation de l’hôpital Vivalia. L’équipe rassemble une vingtaine de professionnels: kinésithérapeutes, ergothérapeutes, logopèdes, psychomotriciennes, psychologue, assistantes sociales et secrétaires médicales.
Le centre accompagne les enfants dès la naissance jusqu’à 18 ans dans des situations liées à des affections neurologiques ou orthopédiques.
Une collaboration est établie avec l’école de la Croix Blanche pour la partie scolarité.
Rester à Libramont, une priorité
Avec l’ASBL Éclore, créée pour financer du matériel innovant, le centre s’est aussi doté d’équipements à la pointe comme un Innowalk, des outils de communication oculaire, un casque de réalité virtuelle ou encore un espace snoezelen.
« Nous avons vécu un tournant avec l’informatique, relate le médecin. Aujourd’hui, c’est la robotique et l’intelligence artificielle qui vont bouleverser positivement la prise en charge. Tout existe déjà, il faut simplement faire les bons choix et trouver les moyens financiers. »
Bien que retraité, Jacques Magotteaux reste très impliqué. Fini la partie médicale, l’homme se consacre désormais à récolter des fonds et développer certains projets. Parmi ceux-ci figure notamment la volonté de maintenir le centre à Libramont lors du futur déménagement hospitalier vers Houdemont afin de conserver le lien entre l’école et le centre de traitement.
Autre combat: la reconnaissance d’un centre de revalidation fonctionnelle pédiatrique. « La province de Luxembourg est la seule en Belgique à ne pas disposer d’un Centre de revalidation fonctionnelle (CRF) pour enfants handicapés, précise le médecin. Un tel outil permettrait au site de devenir plus autonome, sans parler des remboursements qui seraient bien plus importants pour les familles. »