Lancée le 2 juillet 2026, la nouvelle assurance-vie luxembourgeoise de Yomoni marque une rupture sur un marché historiquement réservé aux patrimoines les plus importants. Les principaux contrats distribués en ligne sont généralement accessibles à partir de 100 000 euros chez Ramify ou Meilleurtaux Placement, 150 000 euros chez BoursoBank et au minimum 250 000 euros dans de nombreux établissements de banque privée. Avec un ticket d’entrée fixé à 50 000 euros, la fintech française entend rendre ce produit patrimonial plus accessible.
Ce lancement s’inscrit dans la stratégie de la fintech, spécialisée dans la gestion de patrimoine digitale, qui souhaite appliquer au Luxembourg la recette qui a fait son succès en France : davantage de transparence, de pédagogie et d’accessibilité. « Nous voulions faire au Luxembourg ce que nous avons réussi à faire en France : rendre ce produit plus lisible et plus accessible », explique Gauthier Haem, directeur commercial de Yomoni.
Pourquoi Yomoni mise sur l’assurance-vie luxembourgeoise
Pour la fintech, cette stratégie répond à une évolution des attentes des investisseurs. Avant même le lancement officiel du 2 juillet, près de 400 personnes s’étaient déjà déclarées prêtes à s’engager sur ce nouveau contrat. « Nous avons été surpris par l’engouement autour de cette offre. C’est un très beau succès pour un produit aussi nouveau », confie Gauthier Haem.
Si Yomoni peut proposer un ticket d’entrée de 50 000 euros, c’est parce que la fintech transpose au Luxembourg son modèle de gestion digitale. Selon Gauthier Haem, la standardisation des mandats et les négociations menées avec ses partenaires ont permis de rendre cette offre plus accessible, alors que ces contrats étaient jusqu’ici principalement distribués par les réseaux de banques privées.
« Si l’on veut bénéficier de la sécurité offerte par une assurance-vie luxembourgeoise, il n’y a aucune raison qu’il faille investir plusieurs centaines de milliers d’euros. C’était notre conviction et nous avons négocié pour rendre ce contrat accessible dès 50 000 euros », affirme le dirigeant.
Selon lui, cet abaissement du ticket d’entrée ne se fait pas au détriment de la qualité du contrat. « Ce n’est pas parce que le seuil est fixé à 50 000 euros que l’investisseur bénéficie d’une protection ou d’un univers d’investissement moins performants. Nous avons simplement négocié pour rendre cette enveloppe plus accessible. »
La transparence des frais, l’autre pari de la fintech
Cette logique s’applique également aux frais. Si la souscription est entièrement digitalisée, Yomoni revendique une gestion pilotée assurée en interne par ses équipes d’investissement. Les clients peuvent également échanger avec un conseiller afin de faire le point sur leur stratégie patrimoniale. Selon la fintech, cette organisation permet de simplifier le parcours tout en conservant un accompagnement humain.
Son mandat de gestion est facturé 0,70 % par an, avec un tarif dégressif pouvant atteindre 0,25 % selon les encours, auxquels s’ajoutent les frais des supports d’investissement. « Notre combat est de permettre aux épargnants de savoir précisément ce qu’ils paient. Aujourd’hui, beaucoup d’acteurs affichent certains frais, mais pas toujours l’ensemble des coûts réellement supportés », souligne Gauthier Haem.
Une solution patrimoniale, mais pas destinée à tous les épargnants
Pour autant, Yomoni reconnaît que cette assurance-vie ne constitue pas une solution universelle. L’objectif n’est pas de remplacer une assurance-vie française, mais de compléter une stratégie patrimoniale déjà construite.
L’intérêt de ces contrats ne réside pas dans une fiscalité plus avantageuse, mais dans leur cadre juridique et leurs possibilités de diversification. Le « super privilège » luxembourgeois place notamment les assurés parmi les créanciers prioritaires en cas de défaillance de l’assureur. Ils donnent également accès à un univers d’investissement plus large, avec notamment des ETF, des « clean shares », des fonds sans rétrocommissions, ainsi qu’à des placements libellés dans plusieurs devises.
« Si l’on débute dans la constitution de son patrimoine, ce n’est probablement pas le premier produit vers lequel il faut se tourner. Il s’adresse avant tout à des épargnants qui disposent déjà d’une stratégie d’investissement et souhaitent la diversifier », précise Gauthier Haem.
« On lit encore beaucoup de choses inexactes. Ce n’est pas un outil d’optimisation fiscale. Son intérêt est ailleurs : dans la diversification, l’accès à un univers d’investissement plus large et dans le cadre de protection offert aux actifs », conclut le directeur commercial de Yomoni.