Une gestion de crise décentralisée et multicanale
Il faut d’abord rappeler le fonctionnement des phases de secours en Belgique : la réponse dépend de l’ampleur de l’événement. La phase communale est pilotée par le bourgmestre, la phase provinciale par le gouverneur, et la phase fédérale par le ministre de l’Intérieur. Pour cet événement, la gestion est restée à l’échelle communale et provinciale.
Du côté du Centre de crise national, la porte-parole Pauline Remience rappelle que Be-Alert n’est pas une réponse automatique ni exclusive :
« Ce qu’il faut comprendre, c’est que Be-Alert est un outil parmi d’autres. Parfois, l’analyse est faite et on observe que ce n’est pas l’outil idéal : on privilégie parfois les haut-parleurs, les réseaux sociaux ou le toutes-boîtes. On n’envoie pas juste un message Be-Alert, on préconise le multicanal. Les médias régionaux et nationaux restent d’ailleurs l’un des meilleurs moyens d’informer rapidement la population. »
Situation d’urgence en Belgique : les Communes qui n’adhèrent pas au système BE-Alert sont toutes en Wallonie (carte)Alerte urgente versus simple information
Du côté du cabinet gouverneur de la province de Luxembourg, l’opportunité d’envoyer un SMS massif a bien été évaluée dès le début de l’événement, mais la décision s’est orientée vers d’autres canaux de communication. Xavier Derenne, secrétaire particulier du gouverneur, détaille la doctrine d’utilisation de cet outil en province de Luxembourg :
« Notre vision est que Be-Alert doit rester un outil réservé à l’alerte pure et non à la simple information. Nous préférons le conserver pour des messages nécessitant une action immédiate et critique comme une évacuation. Ce dimanche matin, la question s’est posée, mais l’information circulait déjà largement sur les réseaux sociaux et dans les médias et nous avons estimé que le bon sens poussait naturellement les gens à fermer leurs fenêtres. »
Pour les autorités provinciales, surutiliser Be-Alert pour de la simple recommandation risquerait d’en réduire l’impact lors de crises majeures. Pour l’heure, les consignes d’usage restent de consulter en priorité les canaux officiels des communes et de la province, ainsi que vos médias locaux, lors de ce type d’incident.