Le prédateur a rôdé près des maisons

Cette deuxième attaque interpelle surtout par l’endroit où elle s’est produite. Une semaine plus tôt, le premier mouton avait été tué dans une autre prairie, le long de la rue du Fourneau Saint-Michel, plus proche du bois. Cette fois, le troupeau se trouvait pratiquement au cœur du village. Pour atteindre la prairie située face à l’école, le prédateur aurait dû emprunter une ruelle ou passer à proximité des maisons et de la salle du village. À certains endroits, le passage est même resserré entre les habitations. C’est précisément pour cette raison que les propriétaires avaient rassemblé leurs moutons dans cette zone, pensant les y savoir davantage à l’abri.

Le premier mouton, qui se trouvait avec une autre bête, ne présentait que des traces de consommation limitées, laissant penser que le prédateur avait pu être dérangé. Lundi, l’attaque a eu lieu au sein d’un troupeau de huit moutons et la consommation de la carcasse présente certains éléments plus inhabituels. Dans cette petite activité d’élevage, maintenue pour le pâturage, le ras-le-bol domine désormais. Une décision a été prise: les moutons ne passeront plus la nuit dehors et seront systématiquement rentrés dans un hangar.

Du côté du Réseau Loup, on fait preuve de prudence

La nouvelle attaque survenue à Awenne fait inévitablement penser au couple de loups installé dans le massif forestier de Saint-Hubert. Mais aucun lien ne peut être établi à ce stade. Les analyses sont toujours en cours, tant pour cette attaque que pour celle subie par le même éleveur le 18 août. Coordinateur du Réseau Loup pour la Wallonie, Alain Licoppe appelle donc à la prudence. « J’ai vu les photos de l’attaque de lundi. On distingue ce qui semble être une prise au cou, ce qui peut correspondre à un loup. Par contre, le mode de consommation est particulier. Il faudra analyser cela plus en profondeur et, surtout, obtenir un résultat génétique. C’est lui qui permettra de confirmer ou non le loup. » D

ans la région, une rumeur a également circulé : le couple installé dans le massif de Saint-Hubert aurait quitté son territoire dernièrement ou aurait été « perdu de vue. » Une hypothèse qu’Alain Licoppe écarte. « Nous n’avons aucun élément qui indiquerait une modification au sein de la meute. Nous savons qu’il y a eu des jeunes et, a priori, le couple est toujours présent dans le massif. Nous avons régulièrement des indices de présence au cœur de cette zone forestière. Je ne vois donc aucune raison de penser qu’il y aurait eu une délocalisation. Une fois installés, les loups sont relativement stables sur leur territoire. »

Autre hypothèse évoquée : le feu. Le récent incendie des Hautes Fagnes aurait-il pu pousser certains loups à quitter la zone pour se réfugier dans d’autres massifs ? Là encore, le coordinateur se montre prudent. « Ce n’est pas vraiment crédible. Au moment de l’incendie, la zone touchée était relativement peu utilisée par le loup. Les animaux sont plutôt présents dans les massifs forestiers aux alentours. La meute la plus proche était localisée dans un massif qui n’a pas été directement touché. »

Des pièges photographiques installés dans la zone incendiée pourront peut-être apporter davantage d’informations lorsqu’ils seront récupérés, mais ils restent actuellement inaccessibles. « L’incendie a pu provoquer du dérangement, notamment en raison des nombreuses interventions, mais rien ne permet de penser qu’il a entraîné un déplacement des loups vers d’autres régions », conclut Alain Licoppe.