La guerre entre la RTBF et Georges-Louis Bouchez est loin d’être terminée. Pire, elle ne fait peut-être que commencer. Le président du MR est depuis quelques jours sous le feu des critiques suite à un dérapage présumé sur le réseau social X : GLB aurait partagé un commentaire comparant les journalistes de la chaîne publique à des agents de la Gestapo. Georges-Louis Bouchez a entretemps nié avoir volontairement partagé ce post même s’il n’a pas caché être régulièrement d’accord avec l’auteur du « tweet » originel.

Ce jeudi, le président du Mouvement réformateur en rajoute pourtant une couche contre la RTBF, qui, selon ses propos tenus dans un podcast de Trends Tendance, « nuit gravement au pluralisme médiatique ». Selon lui, la chaîne bénéficie d’une dotation publique de 350 millions d’euros qui lui donne une puissance de frappe disproportionnée sur le marché, créant au bout du compte une concurrence déloyale envers les autres diffuseurs en Belgique. Même raisonnement concernant le traitement de l’information, gratuite, face à des concurrents privés comme RTL Info. Pour GLB, la dotation de la RTBF « doit baisser », au-delà même de la non-indexation déjà décidée, et une partie des moyens publics devrait être redirigée vers des médias privés, à condition qu’ils remplissent des missions de service public.


Antidémocratique, Georges-Louis Bouchez ? Il s’en défend, en prenant l’exemple du Luxembourg, où un tel modèle de média public n’existe pas. « Est-ce que c’est une dictature pour autant? Et que fait le Grand-Duché de Luxembourg? Il finance, via des groupes privés, des missions de service public. » Selon lui, financer des missions de service public via des groupes privés serait « beaucoup plus sain » que le système actuel. GLB souligne que les meilleures audiences de la RTBF ne correspondent pas à des missions de service public stricto sensu, citant les matches des Diables rouges ou l’émission The Voice, achetée à Endemol, pour questionner la pertinence de ces choix.




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Au bout de son raisonnement, qui risque une nouvelle fois de créer la polémique, Georges-Louis Bouchez, interrogé sur sa volonté supposée de « supprimer la RTBF » (question posée par Trends), se dit « réaliste ». Mais il reconnaît que, s’il décidait seul, il réaliserait « 100 millions d’économies sur la RTBF et réinvestirait 250 millions dans les médias privés de la Fédération Wallonie-Bruxelles », en contrepartie d’exigences claires en matière de service public. Selon lui, un tel modèle garantirait un paysage médiatique « beaucoup plus diversifié », et peut-être même « avec plus de service public ».

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