Diversification des viviers de recrutement

Ce renforcement militaire devrait se traduire par l’arrivée de nouveaux effectifs en province de Luxembourg d’ici la fin de la décennie. Le nombre de candidats sera-t-il suffisant ? Au SLFP Défense, le syndicat représentatif des militaires, Boris Morenvillle, dirigeant responsable, regrette que la Défense ait mis la charrue avant les bœufs.

Boris Morenville, dirigeant responsable au SLFP Défense.Boris Morenville, dirigeant responsable au SLFP Défense.Boris Morenville, dirigeant responsable au SLFP Défense. ©DR

« Si la Défense veut augmenter les effectifs, il va falloir recruter, former et fidéliser, souligne le syndicaliste. Actuellement, l’armée a le vent en poupe. Elle a diversifié ses viviers de recrutement, notamment en organisant des formations aux métiers de la défense à partir de la 4e année dans les écoles secondaires. »

Un défi majeur : fidéliser les troupes

Le lancement du service militaire volontaire confirme également cette dynamique : après l’envoi d’un courrier aux jeunes de 17 et 18 ans, plus de 3 000 jeunes se sont inscrits aux séances d’information alors que seules 500 places dont vacantes.

« Malgré un recrutement record, la Défense fait face à un défi majeur : la fidélisation de ses troupes, poursuit Boris Morenville. Sur les 2 500 personnes recrutées annuellement, environ 30 % quittent l’armée en cours de formation. En effet, le statut administratif et pécuniaire des militaires n’est pas attractif si on le compare à celui des métiers de la sécurité. »

Le syndicaliste ajoute que beaucoup de jeunes déchantent quand ils découvrent la réalité du terrain et la manière dont d’autres employeurs considèrent et rémunèrent leur personnel. « Les militaires n’ont pas le droit de faire grève et exercent leur métier, parfois au péril de leur vie. Ils ont droit à plus de respect et de considération pour leur sacrifice. Avant de construire de nouvelles infrastructures, l’armée doit penser à fidéliser son personnel. »

Selon lui, le gouvernement affirme reconnaître les spécificités du métier militaire, mais la pratique s’en éloigne. « On ne demande pas des avantages, on demande de l’équité et le respect des engagements. Avec le matériel, tout va très vite. Mais pour le personnel, tout traîne. Ce qu’on veut, ce sont des textes solides, préparés avec les partenaires sociaux, qui respectent les droits des travailleurs », conclut-il.