« Sur le terrain, la réalité est sans équivoque : sur ce territoire rural et étendu, la Province de Luxembourg joue un rôle absolument central dans l’accès aux soins, souvent en complément, voire en relais, des autres niveaux de pouvoir lorsque ceux-ci ne peuvent intervenir suffisamment », a-t-elle poursuivi.

Dans la perspective de la réforme des Provinces, Mélissa Hanus a interrogé le ministre de la santé Yves Coppieters sur les garanties qu’il pouvait donner quant à la continuité du soutien aux structures hospitalières et de santé dans les territoires les plus éloignés, en pointant également qu’une logique de réforme purement institutionnelle ou budgétaire ne pourrait suffire.

« On ne peut pas mener une réforme institutionnelle sans tenir compte des réalités de terrain. Supprimer ou affaiblir le rôle des provinces sans garanties claires, c’est prendre le risque de fragiliser l’accès aux soins là où il est déjà le plus vulnérable. Moderniser oui, affaiblir non », a-t-elle martelé.

Analyse des missions pour le 1er mai

Dans sa réponse, le ministre de la santé a rappelé que la réforme des provinces, tout comme celle du paysage hospitaliser qui s’y superpose, n’en était qu’au stade des prémices. « Les missions des Provinces seront analysées pour savoir si certaines d’entre elles peuvent être transférées à d’autres niveaux de pouvoir avec comme objectif plus d’efficacité et de clarté. Il a été demandé aux Provinces de réaliser cette analyse pour le 1er mai 2026. Ensuite, tout cela fera l’objet de discussions au niveau du gouvernement wallon. »

Prise en charge aiguë dans un délai de 20 minutes

En ce qui concerne les soins de santé en province de Luxembourg, le ministre a précisé qu’il a déjà évoqué certaines balises à défendre dans le cadre de la réforme, à savoir garantir l’accessibilité aux soins en tenant compte de la densité de population et des réalités territoriales en particulier dans les zones rurales et veiller à l’équité d’accès en particulier dans les services d’urgence avec un délai de prise en charge aiguë de maximum 20 minutes.

Yves Coppieters a insisté sur le fait qu’au départ, ce délai à ne pas dépasser ne faisait pas partie des recommandations des experts. « Nous voulons absolument assurer cette accessibilité aux services d’urgence, être attentifs aux zones faiblement peuplées, éloignées des pôles urbains qui risquent d’être plus sensibles aux transformations éventuelles des sites hospitaliers et à certains territoires comme la botte du Hainaut et la province de Luxembourg », a-t-il conclu.