Ça fait cliché, mais on n’y échappera pas. Ce match retour face à Malte, qui doit permettre au Luxembourg de renouveler son bail en Ligue C, il faut le reprendre à zéro et le considérer comme un match à gagner. «Le plus dur va commencer même si on est dans une bonne situation», prévient Christopher Martins. «La bonne attitude, c’est de préparer ce match en se disant que le travail n’est pas encore fait. Oui, on commence à 0-0.» Jeff Strasser ne dit pas le contraire. L’entraîneur a trop de vécu pour se laisser bercer par la douce illusion d’un match retour facile.
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«Ça peut toujours mal se passer! Il faut toujours tout mettre de son côté pour être performant. Et rendre nos supporters fiers», poursuit le milieu de terrain du Spartak Moscou, conscient que le 12ᵉ homme ne sera pas de trop pour porter un groupe vers le maintien. «J’essaye toujours de tout remettre à zéro, de ne jamais arriver trop détendu sur une rencontre, sinon, tu foires. Et ça m’est déjà arrivé. On a souvent été outsiders. Ici, ce ne sera pas le cas. Cela met une petite pression supplémentaire mais on devra prendre nos responsabilités.»
Dans le top 10 des plus capés
Du haut de ses 80 sélections, celui qui vient de faire son entrée dans le top 10 des joueurs les plus capés au pays, situe le potentiel d’un groupe qu’il connaît par cœur et évoque ses rêves. «Ligue C, Ligue B, ça ne me parle pas trop. Mais ce que je sais, c’est qu’on a rien à faire en Ligue D. Moi, je raisonne plutôt en termes de tournois majeurs. Euro, Coupe du monde, c’est ça que j’aimerais jouer.»
La proximité d’une première Coupe du monde à 48 équipes aiguise forcément les appétits. La sentiment de qualifications «plus aisées» dans certaines confédérations pourrait prêter le flanc à la critique. «Ce n’est pas une injustice. Quand tu te qualifies pour la Coupe du monde, c’est que c’est mérité. À nous de travailler pour. La défaite face à la Géorgie a vraiment été douloureuse (barrages de l’Euro 2024) mais on a montré qu’on avait la qualité», poursuit celui qui jettera forcément un regard vers le Cap-Vert, son second pays montré du doigt par certains pour «débaucher» des joueurs luxembourgeois.
«Je n’ai jamais été courtisé mais on y pense forcément quand on est jeune. J’estime qu’à un moment donné, il faut rendre au pays ce qu’il nous a donné. Il y a une forme de reconnaissance. Le Luxembourg m’a tant apporté. Après, c’est un choix personnel. Je peux le comprendre si un Mondial est à la clef.»
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Kiki Martins a refermé ce chapitre. Il ne s’étend pas non plus sur celui qui le prive de compétitions européennes depuis qu’il a juré fidélité au Spartak Moscou en raison du boycott des clubs russes. «Je suis resté là-bas en toute connaissance de cause. Si j’ai prolongé, c’est parce qu’on me respecte et que je m’y sens bien.»
En sélection, le joueur formé notamment au Racing avant de filer à Lyon, fait partie des incontournables du milieu de terrain avec Leandro Barreiro et Mathias Olesen. On devrait forcément retrouver ce trio dans le cœur du réacteur. D’ailleurs, on voit mal qui Jeff Strasser pourrait enlever du 11 de base aligné à Malte jeudi dernier.
Les 7 joueurs menacés ont fait preuve de retenue pour ne pas prendre le carton de trop. Le déficit d’engagement dans certains duels ne devrait plus faire partie d’un décor qui va forcément changer ce mardi soir.
Un stade plein comme un œuf
Le Stade de Luxembourg affiche complet, le vent, acteur à part entière du match aller, ne devrait plus perturber les joueurs et la pelouse de Kockelscheuer doit favoriser un jeu de transition bien plus fluide dans les rangs luxembourgeois.
«Je l’ai noté, mais je veux voir plus de précision dans le dernier tiers adverse», admettait Jeff Strasser. Il nous tarde, notamment, de retrouver un Aiman Dardari affûté comme à ses débuts. «Il a beaucoup de talent. Il doit juste travailler sur la constance. Mais il a les qualités pour jouer en D2 allemande et même plus haut. Il aime les «un contre un», il est créatif et nous apporte beaucoup», témoigne Christopher Martins.
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Si les connexions s’établissent mieux avec Danel Sinani et Vincent Thill de l’autre côté, il y a fort à parier que le Luxembourg ne risque pas grand-chose avec les garanties défensives renvoyées une fois de plus jeudi dernier.
Meilleurs dans le domaine athlétique, les Maltais n’ont qu’épisodiquement amené le danger devant la cage d’un Anthony Moris qui devrait être en mesure de tenir sa place après son remplacement au match aller.
Il faut malgré tout faire preuve de précaution. Malte, privé de Teddy Teuma, sa dynamo du milieu de terrain, va jouer le tout pour le tout pour s’extirper de la Ligue D. Le Luxembourg, lui, veut lever les bras au coup de sifflet final de l’arbitre allemand Daniel Siebert. Il aura alors la certitude de se déplacer à Sofia le 26 septembre prochain plutôt qu’en Andorre deux jours plus tôt.