Le 24 février, quelques jours avant le début des bombardements israélo-américains sur l’Iran, le diesel s’affichait encore à 1,485 euro le litre.
En baisse, le litre sans plomb 95 pointe depuis samedi dernier à 1,721 euro (-5,5 centimes d’euro) et le litre de sans plomb 98 à 1,827 euro (-5,9 centimes d’euro). Ces deux types de carburant sont restés globalement stables depuis le début du conflit, mais à un niveau élevé. Avec 1,483 euro (95) et 1,617 euro (98), les prix étaient bien inférieurs avant le début de la guerre au Moyen-Orient.
Un bond de 22,2 % en un mois
Toujours côté chiffres, il est à préciser que les prix des carburants affichent un rebond exceptionnel de 15,6 % entre février et mars, soit la plus forte augmentation mensuelle jamais observée dans l’indice des prix à la consommation nationale. Le prix du litre de diesel a augmenté de 22,2 % en un mois et celui de l’essence de 10,7 %.
Pour ce mois de mars, l’inflation annuelle grimpe à 2,4 %. Une valeur encore insuffisante pour déclencher la prochaine tranche indiciaire. La revalorisation des salaires de 2,5 % doit toutefois intervenir en mai ou en juin.
Mis sous pression par les syndicats et les partis de l’opposition, le gouvernement repousse toujours la prise de mesures pour amortir le choc.
Le ministre de l’Économie, Lex Delles, répète que le « gouvernement reste attentif à l’évolution de la situation internationale et se tient prêt à adapter ses dispositifs si cela s’avère nécessaire, en privilégiant des mesures temporaires, ciblées et coordonnées au niveau européen ». Le Premier ministre, Luc Frieden, défend cette ligne depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Il faudrait attendre que la « hausse substantielle des prix (de l’énergie) » impacte lourdement les citoyens et les entreprises.
Des leviers déjà activés
Pour l’Union des syndicats OGBL-LCGB, il est « inacceptable que les ménages paient seuls les conséquences d’une crise internationale ». « Dans un pays où la mobilité dépend encore largement de la voiture, la hausse des carburants frappe directement le pouvoir d’achat et accentue les inégalités. Les déplacements domicile-travail deviennent de plus en plus coûteux et pèsent lourdement sur le budget des ménages », poursuivent les deux grands syndicats du secteur privé.
Le gouvernement est appelé à « prendre sans délai des mesures concrètes ». L’union syndicale revendique la mise en place d’un mécanisme de stabilisation des prix des carburants, une réduction temporaire des taxes et accises, des aides ciblées pour les ménages modestes ainsi qu’un soutien spécifique aux secteurs les plus dépendants.
Le ministre Lex Delles fait valoir que le niveau des taxes et accises est déjà inférieur à celui pratiqué dans les trois pays voisins du Grand-Duché. Par ailleurs, le gouvernement prend en charge depuis cette année une partie des coûts du réseau d’électricité, à hauteur de 150 millions d’euros. Il serait donc prématuré, selon lui, de mettre en place de nouvelles mesures d’aide.