Ayhan Şimşek

02 Juillet 2026•Mise à jour: 03 Juillet 2026

L’appartenance à l’OTAN ne signifie pas une « obéissance absolue » aux États-Unis, a déclaré jeudi le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, en réaction aux critiques formulées par l’administration Trump.

Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Der Spiegel, Pistorius a souligné que l’Alliance atlantique fonctionne sur la base du consensus et non sous la domination d’un seul État membre.

Interrogé sur les demandes de loyauté adressées par Donald Trump aux partenaires de l’OTAN, notamment à l’Allemagne, et sur l’idée d’une « obéissance absolue », le ministre allemand a rejeté cette interprétation.

« L’obéissance n’est pas un concept de l’OTAN », a-t-il affirmé. « Les décisions au sein de l’Alliance sont prises par le libre consensus de tous les États membres, sans être dictées par un quelconque pays. »

Pistorius a reconnu que le ton employé par l’administration Trump pouvait parfois être « un peu plus rude » lors des différends avec les alliés européens. Toutefois, il a estimé que les Européens s’y sont habitués et restent concentrés sur leurs intérêts communs.

Le ministre a également insisté sur le fait que l’Allemagne renforce considérablement ses capacités de défense par conviction propre et non sous la pression d’acteurs extérieurs.

« Nous investissons massivement dans nos capacités de dissuasion et de défense », a déclaré Pistorius.

« Nous mettons tout en œuvre pour renforcer la préparation opérationnelle des forces armées allemandes, dans l’intérêt de la sécurité de l’Allemagne et de ses partenaires de l’OTAN. »

Par ailleurs, il a reconnu que les alliés européens n’avaient pas toujours respecté leurs engagements au sein de l’OTAN, notamment en matière de dépenses militaires, ce qui a nui à l’Alliance ainsi qu’aux États-Unis. Selon lui, cette période est désormais révolue.

« L’essentiel est de revenir à la définition d’un objectif commun que nous mettrons tous en œuvre ensemble », a conclu Pistorius, en référence aux nouveaux objectifs de dépenses de défense récemment adoptés. Il a ajouté que les pays européens investissent désormais davantage et assument une responsabilité accrue dans la défense collective de l’Alliance.

* Traduit de l’anglais par Adama Bamba