07 Juillet 2026•Mise à jour: 07 Juillet 2026

À la veille du sommet de l’OTAN à Ankara, l’Espagne maintient sa ligne : pas question, pour Madrid, de s’engager à porter ses dépenses de défense à 5 % de son produit intérieur brut.

Selon des sources gouvernementales, le Premier ministre Pedro Sanchez entend réaffirmer cette position devant les alliés, alors que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et le président américain Donald Trump poussent les États membres à relever fortement leur effort militaire.

Le gouvernement espagnol estime qu’un objectif uniforme de 5 % ne tiendrait pas compte des réalités économiques et sociales de chaque pays. Une telle trajectoire, fait valoir Madrid, risquerait de fragiliser l’État-providence et de peser lourdement sur des finances publiques que l’exécutif veut maintenir sous contrôle.

L’Espagne dit ne pas refuser l’effort de défense, mais conteste la méthode. Pour Madrid, le renforcement de la sécurité collective doit aller de pair avec la préservation des équilibres économiques et des priorités sociales.

Les autorités espagnoles rappellent à cet égard que le pays a déjà fortement accru ses dépenses militaires ces dernières années. Depuis 2018, les investissements dans la défense ont été multipliés par trois, permettant à l’Espagne d’atteindre l’objectif actuel de l’OTAN fixé à 2 % du PIB.

Madrid met également en avant son engagement opérationnel au sein de l’Alliance. Selon le gouvernement, l’Espagne occupe le septième rang parmi les 32 États membres en matière de capacités militaires, le troisième pour le nombre de soldats déployés dans des missions de maintien de la paix, et le premier pour sa contribution en troupes sur le flanc oriental de l’OTAN.

Le soutien à l’Ukraine est aussi mis en avant. Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, l’Espagne affirme avoir engagé 3,7 milliards d’euros d’aide et formé plus de 9.000 soldats ukrainiens.

Madrid souligne en outre qu’en juin 2026, l’armée espagnole disposait de son plus important déploiement hors du territoire national sur le flanc oriental de l’Alliance. Le pays dirige également plusieurs missions importantes de l’OTAN, dont la composante maritime de la Force de réaction de l’Alliance et la brigade multinationale en Slovaquie.

Face aux critiques, le gouvernement rejette l’idée d’un manque d’engagement. Les sources gouvernementales assurent que les documents de l’OTAN reconnaissent les contributions espagnoles et affirment que Pedro Sanchez se rendra au sommet d’Ankara « en faisant valoir que l’Espagne a honoré ses engagements au sein de l’OTAN »

Madrid dit par ailleurs partager le constat d’une menace russe durable pour la sécurité européenne. Mais l’Espagne plaide aussi pour une défense européenne plus solide et moins dépendante des États-Unis, avec davantage d’investissements communs, une coopération militaire renforcée et, à long terme, la perspective d’une armée européenne.

La question du financement de la défense devrait dominer une partie des discussions entre alliés lors du sommet de l’OTAN, prévu les 7 et 8 juillet à Ankara. Les dirigeants devront notamment se pencher sur la mise en œuvre des engagements budgétaires adoptés en 2025, la poursuite du soutien militaire à l’Ukraine et l’augmentation des capacités de production de l’industrie de défense.

* traduit de l’anglais par Ayse Betul Akcesme