Le nouveau missile de l’OTAN promet de transformer la défense européenne. Douze pays prévoient d’y investir 43 milliards d’euros pour une portée pouvant atteindre 2 000 km. Un projet stratégique face à la Russie, notamment.

Un projet d’ampleur devait être discuté ce mercredi 8 juillet au sommet de l’OTAN, à Ankara, en Turquie. Il s’agit de la conception d’un nouveau missile à longue portée destiné à protéger l’Europe, dans lequel douze pays devraient investir plus de 43 milliards d’euros au cours des 10 prochaines années.

Présenté comme l’une des armes les plus avancées de l’Alliance, ce missile sera capable de frapper des cibles situées à au moins 300 km et, dans certains cas, à plus de 2 000 km, avec une précision extrême.

L’initiative, menée par le Royaume-Uni, contribuera à « rassembler les alliés européens pour garantir que l’OTAN reste sûre et sécurisée pour les années à venir », a déclaré le Premier ministre britannique sortant Keir Starmer, dans un communiqué.

Cependant, en raison des nombreux projets militaires en cours de planification, ce nouveau programme de missile, nommé Deep Strike, ne devrait pas être opérationnel avant les années 2030.

« Un message clair »

À Ankara, Keir Starmer devrait par ailleurs souligner la menace que représente la Russie pour l’OTAN.

En effet, les incidents enregistrés au cours des derniers mois – dont le plus récent est l’interception en mer de Norvège d’un avion russe par deux F-35 britanniques –, sont d’une ampleur significative.

Le gouvernement britannique a déclaré qu’au cours des deux dernières années, l’OTAN avait dépêché des avions de chasse pour intercepter des appareils russes s’approchant de son espace aérien à plus de 700 reprises et que l’activité militaire russe autour des eaux britanniques avait augmenté de 30 %.

« Grâce à notre capacité de frappe en profondeur et de haute précision, le Royaume-Uni et ses alliés seront en mesure de frapper des cibles militaires de grande valeur et les infrastructures logistiques qui font fonctionner les armées, dissuadant ainsi tout agresseur et renforçant notre sécurité mutuelle », a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper.

Puis d’ajouter : « À Ankara, nous envoyons un message clair au président Poutine : l’OTAN est plus forte, plus européenne et prête à défendre nos citoyens contre la menace à long terme qu’ils représentent, lui et l’État russe. »

Mardi 7 juillet, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, déclarait que la Russie suivrait de près le sommet d’Ankara.