Le chef de l’Alliance a par ailleurs salué la signature de nombreux contrats d’armement, annoncés la veille lors du premier Forum de l’industrie de défense, de même que la validation d’un double paquet d’aide à l’Ukraine pour 2026 et 2027, d’une valeur de 70 milliards d’euros.
Si le secrétaire général s’est montré positif mercredi en fin d’après-midi, la journée avait commencé sur un autre ton. Avant le début d’une réunion de travail, le président américain Donald Trump s’était dit « mécontent » de l’Otan en raison de la position de l’Alliance sur le Groenland et de son refus d’épauler Washington dans sa guerre contre Téhéran.
Après avoir ordonné des frappes massives sur l’Iran dans la nuit de mardi à mercredi, en riposte à des attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz, le locataire de la Maison Blanche a par ailleurs affirmé que le cessez-le-feu avec la République islamique était « terminé ».
Ces déclarations tonitruantes masquaient un objectif majeur pour les États-Unis: faire pression sur les États membres afin de faire évoluer l’Alliance vers une « Otan 3.0 », au sein de laquelle l’Europe assumerait une part plus importante de la défense de son propre territoire.
À l’issue de la journée, caressé dans le sens du poil par le chef de l’Alliance et vraisemblablement rassuré par les engagements des alliés, Donald Trump s’est ainsi montré bien moins revendicateur. « Il y avait beaucoup d’amour dans la pièce, beaucoup d’unité », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse, à l’issue de la réunion avec ses homologues.
Illustrant également ce moment d’unité, la déclaration finale publiée à la fin du sommet a réaffirmé le principe de l’article 5 du Traité de l’Atlantique nord, qui régit le principe de défense collective au sein de l’organisation.
Devant une salle comble, le président des États-Unis a par ailleurs annoncé que de nouvelles frappes sur l’Iran seraient menées dans la nuit de mercredi à jeudi, tout en assurant que ces nouveaux affrontements prendraient fin « très rapidement ». Il a de la sorte laissé la porte ouverte à la poursuite des tractations diplomatiques avec Téhéran.
De son côté, avant de quitter Ankara, le Premier ministre belge Bart De Wever a relevé face à la presse une partition « sans fausse note » lors de ce sommet. « Il y a bien des divergences d’opinion mais il est normal, selon moi, qu’il existe des nuances » au sein d’un groupe, a-t-il ajouté, aux côtés des ministres belges de la Défense, Theo Francken, et des Affaires étrangères, Maxime Prévot.
Mardi, lors du forum sur l’industrie de défense organisé en marge du sommet, M. Francken s’était de son côté réjoui de la signature par la Belgique d’une dizaine de contrats d’armement et d’investissements industriels. Parmi ces engagements, un accord pour l’acquisition de systèmes de défense aérienne en collaboration avec les Pays-Bas, pour une valeur de 3,1 milliards d’euros, représente « l’achat militaire le plus important que je vais réaliser en tant que ministre durant cette législature », a-t-il souligné.
Le prochain sommet annuel de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord se déroulera l’année prochaine en Albanie, comme décidé en 2025 à La Haye, a par ailleurs confirmé le chef de l’Otan.