Au départ, elles avaient surpris. Désormais, elles font presque partie de l’image présidentielle. Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron multiplie les apparitions officielles derrière une paire de lunettes de soleil à monture aviateur. Elles l’ont accompagné au Forum de Davos, lors de la réception du sultan d’Oman à l’Élysée, au sommet de l’Otan, puis encore cette semaine durant son déplacement officiel en Syrie, y compris lors de séquences diplomatiques aux côtés du président syrien Ahmad al-Charaa.
À force de se répéter, ce qui relevait initialement d’une simple explication médicale est devenu un véritable objet de curiosité.
Une explication officielle inchangée
L’entourage du chef de l’État continue d’évoquer un problème oculaire bénin, comparable à celui déjà apparu au début de l’année.
Selon les informations communiquées par l’Élysée, Emmanuel Macron souffrirait à nouveau d’une hémorragie sous-conjonctivale, provoquée par la rupture d’un petit vaisseau sanguin à la surface de l’œil. Impressionnante visuellement, cette affection est généralement sans gravité et disparaît spontanément en quelques jours.
Les spécialistes rappellent toutefois que le port de lunettes de soleil n’a pas de vertu thérapeutique particulière dans ce type de situation. Elles permettent avant tout de masquer la rougeur de l’œil et d’éviter qu’elle ne monopolise l’attention lors d’événements très médiatisés.
D’un accessoire médical à une signature visuelle
Mais à mesure que les apparitions se succèdent, les lunettes semblent avoir dépassé leur simple fonction initiale.
Portées lors de rencontres diplomatiques, de cérémonies officielles ou de déplacements internationaux, elles sont devenues un élément immédiatement reconnaissable de la silhouette présidentielle.
Déjà en janvier, leur apparition à Davos avait provoqué un véritable phénomène sur les réseaux sociaux. Les images avaient fait le tour du monde, inspiré d’innombrables détournements et même suscité un regain d’intérêt commercial pour le modèle porté par le président.
Depuis, chaque nouvelle apparition relance les commentaires. Des spécialistes de la communication avaient déjà relevé que ces lunettes renvoient à un imaginaire largement associé au pilote de chasse ou au commandement militaire : maîtrise de soi, autorité, sang-froid et regard volontairement dissimulé. Une image qui contraste avec les codes plus classiques de la diplomatie.
Une mise en scène qui divise
Cette évolution ne fait toutefois pas l’unanimité. Invitée des Grandes Gueules sur RMC, la philosophe Bérénice Levet estime que cet accessoire finit par brouiller les codes attachés à la fonction présidentielle.
😎 « Macron met en péril la fonction présidentielle avec ses lunettes. »
🗣️ Bérénice Levet : « On dirait un acteur américain. Il représente la France ! Un peu de sobriété. » #GGRMC pic.twitter.com/TScPq7HXfm
— Les Grandes Gueules (@GG_RMC) July 9, 2026
« On a l’impression d’un acteur américain en représentation », a-t-elle déclaré en évoquant les images du déplacement en Syrie. Selon elle, « il est censé représenter la France » et cette mise en scène peut affaiblir la solennité attendue d’un chef d’État lors d’entretiens diplomatiques.
Elle s’interroge également sur le manque de précisions entourant cet épisode médical, estimant que beaucoup de Français ne comprennent plus pourquoi Emmanuel Macron conserve aussi fréquemment ses lunettes de soleil lors de rencontres officielles.
Ces critiques illustrent un débat plus large sur la communication présidentielle. Pour certains, les lunettes sont devenues un outil de maîtrise de l’image. Pour d’autres, elles contribuent à une personnalisation excessive de la fonction.
Un accessoire désormais indissociable de Macron
Qu’elles répondent exclusivement à une nécessité médicale ou qu’elles participent désormais à une stratégie d’image plus assumée, une chose est certaine : les célèbres lunettes d’aviateur d’Emmanuel Macron sont devenues bien plus qu’un simple accessoire.
À chacune de ses apparitions internationales, elles alimentent commentaires, analyses et polémiques, au point d’être aujourd’hui presque aussi reconnaissables que certains des codes vestimentaires qui ont marqué d’autres présidents avant lui.
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