Figure très populaire en Ukraine, l’ancien commandant en chef des armées Valery Zaloujny a estimé lundi que son pays ne rejoindra jamais l’Otan. Une prise de position forte, alors que Kiev réclame depuis des années son intégration à l’Alliance atlantique.
Un constat sans appel. Valery Zaloujny, ex-chef des forces armées ukrainiennes et actuel ambassadeur du pays au Royaume-Uni, a affirmé que l’Ukraine ne pourra jamais intégrer l’Otan, malgré les efforts menés depuis des années pour s’aligner sur les standards de l’Alliance.
«Pendant près de douze ans, j’ai personnellement travaillé à la maîtrise des normes de l’Otan, et chaque année, j’ai entendu le même conte de fées : que nous étions sur le point d’y adhérer», a-t-il déclaré, cité par le média ukrainien Levropeïska Pravda.
Avant d’ajouter : «Malheureusement, nous n’y adhérerons jamais». Cette déclaration intervient alors que plusieurs pays membres de l’Otan, dont les États-Unis, restent opposés à une adhésion de l’Ukraine.
Une Otan à la traîne
Ancien chef militaire durant les deux premières années de l’invasion russe, Valery Zaloujny a estimé que la guerre menée par la Russie depuis 2022 a profondément transformé les conflits modernes. L’usage massif des drones et des technologies peu coûteuses aurait accéléré cette mutation, au point de rendre l’armée ukrainienne plus avancée que l’Otan sur certains aspects.
«Il est impossible de rejoindre une organisation qui adhère aux doctrines de la Seconde Guerre mondiale (…) avec le niveau de développement qui existe au sein des forces armées ukrainiennes», a-t-il souligné.
Un soutien occidental toujours indispensable
Malgré ses critiques, Valery Zaloujny reconnaît que Kiev reste dépendante de l’aide de ses partenaires occidentaux. «L’Ukraine a besoin de technologies qui sont encore disponibles aujourd’hui dans les pays de l’Otan», a-t-il souligné, évoquant notamment les systèmes de défense capables d’intercepter des missiles balistiques.
Dans une tribune publiée en juillet dans le journal britannique The Telegraph, il estimait déjà que la guerre avait «mis en lumière des questions dérangeantes quant à savoir si l’Otan est préparée aux conflits du XXIe siècle».
Il précisait toutefois que «l’Ukraine a toutes les raisons de reconnaître le soutien que les membres de l’Otan ont apporté, et continuent d’apporter. Mais le respect envers l’Alliance ne doit pas empêcher une évaluation honnête de ses faiblesses».
Une prise de parole forte qui résonnera d’autant plus chez les Ukrainiens. En effet, selon un sondage publié en juin, 73% des Ukrainiens déclarent lui faire confiance, faisant de lui la personnalité la plus populaire du pays.