À l’effet de surprise s’ajoutent de nombreuses interrogations. Ce vendredi 7 août 2026, l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont annoncé avoir signé un pacte de défense mutuelle, sur le principe de l’Otan. Cet accord intervient alors que les États-Unis et l’Iran sont toujours en pourparlers pour acter une trêve dans la guerre ouverte débutée le 28 février dernier. Avec ce principe, signé à La Mecque, les trois pays musulmans sunnites, alliés des États-Unis, s’assurent une forme de protection supplémentaire.
« L’accord est fait pour renforcer la dissuasion collective contre tout acte d’agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois États sera vue comme une attaque contre tous », lit-on dans un communiqué établi par le ministère des affaires étrangères pakistanais. La communication officielle ne s’appesantit pas sur les détails de l’accord, sauf à dire qu’il se base sur l’article 5 du traité de l’Atlantique nord. Mais à y regarder de plus près, les avantages sont immenses.
Quelles sont les capacités militaires obtenues grâce à l’Alliance de la Mecque ?
Le Pakistan, l’Arabie saoudite et la Turquie sont militairement liés depuis plusieurs décennies. L’armée pakistanaise apporte notamment son aide aux Saoudiens régulièrement, tandis que des ventes d’armes ont souvent lieu entre les trois États, rappelle Reuters. Depuis le début de la guerre en Iran, le Pakistan a déployé 8000 hommes, des avions de chasse, des drones et des systèmes de défense antiaériens en Arabie saoudite.
Ces trois pays ont beaucoup à apporter à une alliance, détaille Defence Express. La Turquie dispose de 355 000 hommes, plus de 9 000 véhicules blindés, 1 700 gros calibres, une large flotte navale et quelque 260 avions de chasse F-16. L’Arabie saoudite a 257 000 hommes, 4 500 véhicules blindés, 500 pièces d’artillerie lourde et plusieurs chasseurs aériens. Sans compter son arsenal de missiles et son budget de défense quasiment illimité.
Mais la palme revient au Pakistan, détenteur de l’arme nucléaire, en plus de ses 660 000 soldats et 360 avions de chasse. En tout, le pacte crée une alliance de 1,2 million de soldats, 5 800 chars d’assaut et 14 000 véhicules blindés, 1 000 chasseurs et 21 sous-marins. Une force considérable dans une région régulièrement en proie aux conflits, notamment avec l’Iran, d’une part, et l’Inde, d’autre part.
Un pacte inscrit dans la guerre en Iran ?
Le ministre de la Défense turc, Hakan Fidan, a pris la parole pour expliquer que ce pacte était dans les tuyaux depuis plus de deux ans et qu’il n’a pas été signé en réaction directe au conflit avec l’Iran, rapporte Al Jazeera. Plus encore, il assure qu' »aucune menace commune n’a été inscrite » dans le pacte. Une manière de rassurer Téhéran quant à son éventuel statut de cible.
La signature de cette alliance affecte également directement l’Inde. Les actes d’agressions directes ou indirectes à la frontière avec le Pakistan sont réguliers. Le Pakistan pourrait-il demander de l’aide à ses nouveaux alliés officiels en cas de conflit direct avec l’Inde ? Peut-être pas plus qu’auparavant, pense Times of India, persuadé que le focus de ce texte reste les relations avec l’Iran.