Il y a quelques jours, un drone chargé d’explosifs a été découvert à l’aéroport de Leipzig-Halle, à proximité d’un appareil ukrainien qui devait convoyer du matériel militaire vers l’Ukraine. Il transportait du PETN et du Semtex, des explosifs puissants. La destination de l’engin ne fait guère de doute, et l’opération porte la marque d’une intervention russe menée sur le sol allemand. Que l’attentat ait échoué ne change rien à la gravité du fait. Bien entendu, le Kremlin a nié toute implication et suggéré une mise en scène ; mais on ne voit pas qui, hormis la Russie, aurait intérêt à saboter un transport d’armes vers Kiev…
La réaction de l’Allemagne a été inquiétante, très molle de la part du Gouvernement et des responsables politiques, qui ont soigneusement évité de désigner Moscou. Un seul parlementaire, le député CDU Roderich Kiesewetter, a eu le courage de condamner clairement l’incident. Plus qu’un incident d’ailleurs : véritablement un acte de guerre, constitutif d’une agression armée au sens du droit international, susceptible de déclencher l’article 4 du traité de l’Atlantique Nord – soit la consultation de l’ensemble des alliés.
La Russie, elle, teste les limites : faute de réponse nette, elle ira plus loin. Les provocations répétées en Pologne et dans les pays baltes en témoignent déjà. D’ailleurs, Moscou opère aussi dans le registre hybride, on en a eu des exemples avec les empoisonnements au polonium visant, en Europe occidentale, des individus considérés comme des traîtres.
Sans riposte ferme et par tous les moyens nécessaires, la situation s’aggravera, parce que le Kremlin saura qu’il peut aller plus loin. Croire que le conflit pourrait rester circonscrit au territoire ukrainien, c’est une illusion. Ce qui s’est passé à Leipzig est un vrai défi, pour l’Allemagne autant que pour l’Alliance. Il est temps pour les dirigeants européens d’agir.