Dans la nuit du 23 au 24 août, la Grèce a transféré une batterie Patriot de Karpathos vers la Crète pour protéger la base de Souda (en Crète), un site stratégique pour l’OTAN et les États-Unis. Ce déploiement intervient alors que l’Iran menace des cibles occidentales en Europe du Sud-Est, dont la Bulgarie et Chypre.
Dans la nuit du 23 au 24 août 2026, Athènes transfère une batterie Patriot de Karpathos vers la Crète pour sécuriser la base navale de Souda, utilisée par la Grèce, l’OTAN et les États-Unis, alors que Téhéran menace des cibles occidentales en Europe du Sud-Est.
Pour les observateurs, ce mouvement était attendu. Une source militaire confiait le 19 août au quotidien I Kathimeriní que si Souda était jugée exposée, la batterie de Karpathos pourrait y être déployée. Souda accueille régulièrement des porte-avions américains, en faisant une infrastructure sensible pour l’OTAN et Washington.
L’état-major hellénique prend la menace très au sérieux : « toute nouvelle escalade pourrait avoir des répercussions directes sur la Méditerranée orientale et le secteur sud-est de l’OTAN ». « Toutes les options restent ouvertes tant que la situation demeure instable ».
L’Iran envisage de viser l’Europe
Le 19 août, le Financial Times révèle que l’Iran envisage de frapper des cibles militaires américaines en Europe si Donald Trump intensifie le conflit. Des proches du régime citent la Bulgarie (base de Bezmer, ouverte aux ravitailleurs américains) et Chypre (base britannique visée par un drone en mars).
Avec des portées de 2 000 à 2 500 km pour les Sejjil et Khorramshahr, les missiles iraniens peuvent atteindre la Bulgarie, la Roumanie et la Grèce depuis l’Iran. Des défenses OTAN auraient intercepté des missiles présumés iraniens en Turquie, alimentant les craintes pour Chypre.
Ce déploiement en Crète coïncide avec une réévaluation de la présence grecque en Arabie saoudite, où une batterie Patriot protège des sites énergétiques depuis 2021 et a intercepté des drones houthistes en juillet. Son retrait sera prochainement examiné par le Conseil national de sécurité grec (KYSEA).
Une attaque contre l’un = attaque contre tous
Cette révision fait suite au pacte de défense du 7 août à La Mecque entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie : une attaque contre l’un = attaque contre tous. Le déploiement grec visait à freiner un rapprochement saoudo-turc ; le pacte rend cet objectif caduc, obligeant Athènes à recalibrer sa posture.
La Grèce maintient depuis mars des F-16 à Paphos (Chypre) et se dit prête à envoyer une batterie Patriot à Didymotique (frontière turque) si la Bulgarie le demande.
Selon I Kathimeriní, « Athènes est en contact avec les États-Unis et Israël sur les menaces pesant sur les installations grecques et chypriotes ». Le dossier reste suivi de près, dans un contexte que le pacte de La Mecque et les avertissements du FT rendent instable.