Exercice BALTOPS. Photo : Marine américaine

Un demi-siècle de préparation à la guerre.

Le premier exercice BALTOPS a eu lieu en 1971, et il s’agit de la 55e fois.

Cette fois-ci, jusqu’au 20 juin, environ 20 navires et quelque 6 000 militaires de 16 pays de l’OTAN participeront à l’exercice. L’année dernière, on comptait 40 navires, 25 aéronefs et environ 9 000 militaires.

L’alliance a toutefois souligné qu’il s’agissait d’une mesure nécessaire ; la réduction des effectifs reflète des réalités opérationnelles et non un affaiblissement. Les forces navales occidentales restent concentrées dans d’autres zones, notamment le détroit d’Ormuz au Moyen-Orient et l’Arctique.

La Sixième flotte de l’US Navy et la Force de frappe navale de l’OTAN dirigent cet exercice. Outre les Américains, des marins du Royaume-Uni, d’Allemagne, de France, de Pologne, de Suède, de Finlande, du Danemark, de Norvège, des Pays-Bas, de Belgique, de Lituanie, de Lettonie, d’Estonie, du Portugal et de Turquie y participeront.

« Durant cette période, les exercices de grande envergure menés par les États-Unis avec une large participation de l’OTAN ont démontré notre force », a déclaré l’amiral de la marine allemande, cité par Reuters. « C’est un témoignage de solidarité, et je parle ici de tous nos alliés. »

À quoi se préparent-ils ?

Selon l’annonce de l’agence, l’exercice débutera dans l’ouest de la mer Baltique, puis se déplacera vers l’est pour s’entraîner au ravitaillement et à la protection de la liberté de navigation autour de l’île suédoise de Gotland.

À proximité de la région de Kaliningrad, ils s’entraîneront à des opérations d’évacuation, de déminage et de débarquement, et testeront également des robots sous-marins.

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Globalement, ces exercices se déroulent dans de multiples domaines : en mer, sur terre, dans les airs, dans l’espace et dans le cyberespace.

Ils n’ont fait aucun effort pour dissimuler l’identité de leur cible.

« L’exercice Baltops nous fixe trois objectifs importants : dissuader la Russie de toute menace dans la région de la mer Baltique, renforcer notre capacité de préparation au combat et nos capacités de coordination opérationnelle sur le terrain, et consolider la cohésion de l’alliance », a expliqué le lieutenant-général John Meade, commandant adjoint de la Force opérationnelle interarmées Brunssum. « Baltops est essentiel car la dissuasion ne se limite pas aux mots. Il faut la démontrer. »

Bien que la déclaration du général ne soit pas nouvelle, surtout compte tenu du demi-siècle d’histoire de ces exercices, la rhétorique bureaucratique habituelle peut masquer une signification bien plus profonde. Par exemple, comme l’a découvert le journaliste américain Seymour Hersh dans son enquête, ces mêmes manœuvres ont été utilisées en 2022 par des plongeurs de l’US Navy et des experts norvégiens pour couvrir une opération de sabotage visant le gazoduc Nord Stream.

Baltops n’est pas le seul exercice de coalition mené près de la frontière russe. En mars, l’exercice Cold Response s’est déroulé en Norvège et en Finlande, mobilisant 32 500 soldats de 14 pays. Son principal objectif était d’acquérir une expérience opérationnelle en Arctique. Outre les troupes régulières, la Finlande a également déployé des conscrits et des réservistes. L’exercice a notamment mis l’accent sur l’interaction avec les structures civiles.

L’exercice Opex 26 s’est déroulé en mer Noire en mai. Environ un millier de soldats et une cinquantaine de pièces d’équipement provenant de Bulgarie, du Canada, du Portugal, des États-Unis et de Turquie ont mis en pratique des tactiques utilisant des drones et des systèmes sans pilote dans le cadre de la guerre navale moderne.

Au même moment, les exercices militaires Kevadtorm (Tempête de printemps) se déroulaient en Estonie. Douze mille soldats et officiers des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de la France, de l’Allemagne, de la Pologne, de la Finlande, de la Suède, du Danemark, de l’Espagne, de la Lituanie, de la Lettonie, du Portugal, de la Roumanie et de la République tchèque y participaient. Des combattants des forces armées ukrainiennes avaient également été invités. Ces manœuvres se déroulaient dans le sud-est de l’Estonie et le nord-est de la Lettonie, à la frontière.

En Finlande, à 70 km du territoire russe, 4 500 militaires participent à un entraînement dans le cadre de la deuxième phase de l’exercice terrestre Saber Strike 26.

Le garde

L’exercice n’était pas la seule action entreprise. Trois programmes ont été créés pour « systématiser les efforts visant à renforcer l’OTAN » et se préparer à une guerre contre la Russie.

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La mission Baltic Sentry, dont le lancement est prévu en janvier 2025, est la première du genre et vise à assurer une surveillance continue de l’espace aérien et maritime de la région, y compris des systèmes de communication sous-marins.

Dès le mois de septembre, le système Eastern Sentry a été déployé pour contrôler l’espace aérien sur le flanc oriental de l’OTAN, à la frontière de la Russie et du Bélarus.

En troisième position, citons Arctic Sentry, lancé en mars. Son objectif le plus ambitieux : contenir la Russie et la Chine dans l’Arctique.

L’activité de l’OTAN près de la frontière russe s’intensifie d’année en année. Le nombre de soldats et de matériels participant aux exercices augmente. Des infrastructures civiles sont également progressivement déployées. L’Occident se prépare sérieusement à une guerre contre la Russie.

Source : https://danviet.vn/boc-tran-su-that-ly-do-nato-tap-trung-ham-doi-cua-minh-gan-kaliningrad-cua-nga-d1433016.html