CrossFit, Hyrox, marathon, ultra-trail… Le sport intensif, « Hard Gym » en anglais, est un phénomène qui gagne du terrain en France. Les événements dédiés à cette façon de pratiquer le sport, quasi militaire, compte de plus en plus d’inscrits, hommes et femmes. Ces sportifs visent avant tout le dépassement de soi. Mais qu’en est-il des effets sur leur santé, et plus particulièrement sur leur sexualité ?
Les bienfaits du sport sur la sexualité ne sont plus à prouver
Pratiquer une activité physique de façon régulière, quelle qu’elle soit, a des effets positifs sur la santé sexuelle :
amélioration de la fonction érectile chez l’homme ;augmentation du désir sexuel grâce à une amélioration de la sensibilité aux hormones sexuelles et à une baisse du stress ;amélioration des sensations à l’excitation car le sport booste la vascularisation des parties génitales ;amélioration de l’endurance au lit car le sport améliore les capacités cardiovasculaires ; une plus grande satisfaction sexuelle grâce à une amélioration de l’image corporelle.
Ces bienfaits ont été observés quand le sport est pratiqué à une intensité légère à modérée.
Quand trop d’entraînement tue la libido
Si les bienfaits du sport sur la santé sexuelle sont indéniables, les effets d’une activité physique intense sur la sexualité seraient quant à eux moins bénéfiques. Une étude publiée en 2017 dans la revue Medicine & Science in Sports & Exercise révélait que les hommes pratiquant régulièrement une activité physique intense avaient une libido significativement plus faible que ceux qui font des exercices moins intenses.
Pour parvenir à ce constat, des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (Etats-Unis) avaient interrogé 1 100 hommes âgés de 18 ans et plus pour recueillir des informations sur leurs habitudes d’entraînement, leur libido, leur excitation, leur attirance ou encore leurs fantasmes.
Après avoir analysé leurs réponses, les auteurs de l’étude avaient constaté que les participants suivant les programmes d’entraînement les moins intensifs avaient plus de chances d’avoir une libido élevée ou normale que ceux s’entraînant à la plus haute intensité.
Ne pas dépasser le « seuil d’épuisement sexuel lié au sport »
Une autre étude présentée en 2016 à la 34ème édition du World Sports Medicine Congress, et relayée par le médecin sexologue Dr Gilbert Bou Jaoudé dans Allo Docteurs, s’était intéressée à l’effet de l’entraînement intense sur la sexualité d’athlètes de haut niveau. Menée auprès de sportifs français de très haut niveau accompagnés par l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP), cette étude a interrogé des athlètes pour évaluer la libido en fonction de l’intensité des phases d’entraînement.
Ces travaux ont montré que dans les phases d’entraînements à très haute intensité et répétés, près de 40% des hommes et 50% des femmes ont déclaré avoir une baisse de leur libido. En revanche, les participants à l’étude ont avoué avoir une hausse de leur désir sexuel et de leur « performance sexuelle » dans d’autres périodes d’entraînements moins intenses.
Cela montre que quand on dépasse un certain niveau d’intensité sportive, la fonction sexuelle diminue. On appelle ce phénomène le « seuil d’épuisement sexuel lié au sport ». Ce seuil de sport à ne pas dépasser varie d’une personne à l’autre et d’une période à l’autre chez une même personne. Certains peuvent ressentir un épuisement sexuel lié au sport après quelques heures de sport par semaine. D’autres peuvent faire plus de 10 heures de sport par semaine sans que cela ait un impact sur leur sexualité.
Faut-il privilégier un type de sport pour performer au lit ?
Il n’existe pas de recommandations sportives particulières pour être performant au lit. Néanmoins, plusieurs études ont constaté que certains types d’exercices/sports peuvent optimiser, de façon indirecte, les performances au lit.
C’est le cas de l’exercice d’aérobie régulier. Autrement dit d’une activité physique exigeant l’utilisation d’oxygène par le corps pour générer de l’énergie. On peut citer la course à pied, la marche rapide, la natation ou encore le vélo (intensité modérée).
Une méta-analyse publiée dans The Journal of Sexual Medicine a montré que l’exercice aérobique régulier améliore significativement la fonction érectile chez les hommes, même chez ceux avec des difficultés légères ou modérées. Ce type d’exercice améliore la circulation sanguine vers les organes génitaux.
D’autres études ont montré qu’un entraînement de résistance régulier augmente la production naturelle de testostérone et d’endorphines, ce qui a une influence positive sur le désir sexuel et l’énergie globale.
Enfin, une étude publiée en 2009 dans la revue The Journal of Sexual Medicine s’est intéressée aux effets de la pratique du yoga sur la fonction sexuelle de 40 femmes. Après 12 semaines de pratique régulière, tous les critères permettant d’évaluer la fonction sexuelle féminine se sont améliorés :