« Ce jeudi après-midi, Ores a été contacté par plusieurs citoyens signalant des problèmes d’accès au gaz. Leurs équipes ont pris acte de ces appels mais ce n’est qu’en fin de journée que l’ampleur réelle du phénomène est apparue », explique Nicolas Martin, bourgmestre de Mons. En cause, une importante chute de pression dans les conduites de distribution, qui a entraîné un arrêt total de l’alimentation en gaz.

Éviter les risques d’explosion

Si dans le cas d’une panne d’électricité, le courant peut être rétabli rapidement, le gaz impose des protocoles bien plus stricts. « Avant toute remise en service, nous devons être absolument certains que chaque compteur est fermé manuellement. C’est une exigence de sécurité incontournable », insiste le bourgmestre. « Imaginez qu’une personne était en train de cuisiner, que le gaz se coupe, mais que le robinet reste ouvert. Lors de la remise sous pression, cela pourrait provoquer une accumulation de gaz et un risque réel d’explosion. Ce scénario doit être exclu à tout prix. »

Le périmètre touché par la panne de gaz.Le périmètre touché par la panne de gaz.Le périmètre touché par la panne de gaz. ©D.R.

C’est pourquoi les équipes d’Ores, venues de toute la Wallonie, sont déployées massivement sur le terrain. « Plus de 100 agents d’Ores sont mobilisés, épaulés par une cinquantaine d’agents communaux. Ils travaillent en binôme pour accéder aux logements, fermer les compteurs et sécuriser chaque habitation », précise Nicolas Martin. « Les équipes sont facilement identifiables : chasuble jaune Ores, carte d’identification officielle, accompagnées par un agent de la Ville lui aussi équipé d’une chasuble de la ville. Leur seule mission est de vérifier le compteur de gaz. »

La présence des habitants, seule condition à la remise en route de la distribution

Un travail colossal, inédit à l’échelle régionale. « Nous parlons de 12 000 foyers. C’est une opération d’une ampleur exceptionnelle en Wallonie. Cela prendra au minimum quatre jours. Nous sommes dans une véritable course contre la montre, d’autant que les congés de carnaval compliquent l’accès aux domiciles. Si une partie importante de la population est absente, la remise en service du réseau sera fortement retardée. »

Le message est donc clair : la présence des habitants est cruciale. « Il est impératif que chacun facilite l’accès à son logement ou, en cas d’absence, qu’il recontacte Ores dès qu’un avis de passage est laissé. Un numéro dédié à cette situation spécifique a été ouvert. Nous dépendons de cette collaboration pour pouvoir relancer le réseau dans des conditions de sécurité optimales », martèle Nicolas Martin.

Déclenchement du plan d’urgence

En parallèle, la Ville a déclenché son plan d’urgence. « Depuis cette nuit, des réunions se succèdent pour anticiper les conséquences sociales et humaines de la situation. Nous avons contacté en priorité les structures sensibles : maisons de repos, crèches, écoles, centres d’hébergement. Certaines maisons de repos ont pu être équipées de chaudières mobiles. Les personnes isolées, âgées ou fragilisées, identifiées dans les bases de données du CPAS et du service prévention, sont également contactées. Et si quelqu’un n’est pas repris dans nos listings, un call center est accessible jusqu’à 22 heures au 065 88 22 25. Personne ne doit rester sans solution. »

Des mesures complémentaires sont également en préparation : distribution de chaufferettes, mise à disposition de couvertures et de sacs de couchage, organisation de centres d’accueil chauffés et accès aux douches dans certaines infrastructures publiques. « Nous devons aussi rester attentifs à la capacité du réseau électrique. Une utilisation massive de chauffages d’appoint pourrait provoquer une surcharge », avertit encore Nicolas Martin.

Si la situation est sous contrôle, la prudence reste de mise. « Il ne s’agit pas d’une fuite de gaz. À l’heure actuelle, il n’y a aucun danger immédiat. Toutes ces mesures sont prises à titre préventif pour que le risque d’explosion reste nul. Il doit le rester ! La sécurité passe avant tout, notamment avant l’inconfort que cette situation entraîne, même si nous sommes conscients que ce ne sera facile pour personne, plus encore avec les températures très basses qui sont annoncées ces prochains jours. »

On notera encore que quelque 500 à 700 commerces et restaurants sont concernés par cet arrêt d’alimentation en centre-ville. À la veille d’un week-end de Saint-Valentin traditionnellement très chargé, les inquiétudes sont vives.

Stéphane Joris, directeur régional f.f. pour la région Mons-La Louvière

« Si toutes les habitations étaient accessibles dès le passage de nos agents, la situation pourrait être réglée en 48 heures. Relancer l’alimentation n’est pas difficile, ce qui est compliqué, c’est de le faire en toute sécurité. Nous souhaitons que chaque coupure soit effectuée ou contrôlée par un professionnel. L’enjeu, la priorité ces prochaines heures et ces prochains jours, c’est de passer dans chaque foyer. La relance, elle, arrivera dans un second temps, peut-être aussi via un passage auprès de chaque habitant. »