Selon une information de la RTS, la défense du patron déchu de Swiss Space Systems (S3) a demandé à plusieurs reprises l’ajournement de son procès, qui doit s’ouvrir ce mardi matin. Le Tribunal pénal économique fribourgeois n’est pas entré en matière.

Celui qu’on a appelé « l’Elon Musk suisse » doit répondre principalement d’escroquerie devant le Tribunal pénal économique du canton de Fribourg. Un procès très attendu, près de 10 ans après la faillite de la start-up romande Swiss Space Systems (S3), fondée par Pascal Jaussi. Selon des échanges de courriers consultés par le Pôle enquête de la RTS, l’ingénieur romand âgé aujourd’hui de 49 ans a tenté à plusieurs reprises d’obtenir un report de son rendez-vous avec la justice.

Un dernier courrier envoyé le 27 avril par son avocate au président du Tribunal pénal économique exige une suspension ou un ajournement aux motifs d’irrégularités découvertes dans le dossier.

C’est surtout la présence au procès de celui qui a instruit pendant près de dix ans l’affaire qui est contestée. Le désormais procureur général Raphael Bourquin se voit reprocher une enquête exclusivement à charge. Une plainte pour violation du secret de fonction ainsi que des demandes de récusation sont toujours pendantes, argumente l’avocate de Pascal Jaussi. La procédure serait exposée à « un risque manifeste de nullité, de répétition des actes, d’atteinte irréparable aux droits de la défense et d’échec procédural », écrit encore Me Mihaela Verlooven.

>> Revoir le sujet du 19h30 : Swiss Space Systems: le procès de Pascal Jaussi va bientôt s'ouvrir à Fribourg Swiss Space Systems: le procès de Pascal Jaussi va bientôt s’ouvrir à Fribourg / 19h30 / 3 min. / le 22 avril 2026 Attention au risque de prescription

Comme pour de précédentes demandes d’ajournement déposées en novembre 2025 et mars 2026, le Tribunal pénal économique refuse d’entrer en matière, estimant notamment que « le principe de célérité doit I’emporter ».

Une partie des faits sont vieux de dix ans et donc menacés de prescription. C’est le cas de la fameuse agression de Pascal Jaussi remontant à fin août 2016, pour laquelle il est accusé de mise en scène (induction de la justice en erreur, alors que S3 se trouvait aux abois et qu’il aurait tenté d’amadouer ses créanciers). Les nombreux délits financiers reprochés à Pascal Jaussi en tant qu’administrateur unique de sa holding S3, à commencer par l’escroquerie, ont un délai de prescription plus long.

Le trou laissé par la faillite de la start-up spatiale est estimé à plus de 31 millions de francs. Présumé innocent, Pascal Jaussi conteste toute faute dans le fiasco de S3, qui promettait de faire décoller des navettes spatiales depuis l’aérodrome de Payerne.

Contactée par la RTS pour savoir si la demande de report du procès sera maintenue mardi matin lors du début des débats prévus sur plusieurs jours entre les mois de mai et juin, l’avocate de Pascal Jaussi n’a pas répondu.

Ludovic Rocchi, Pôle enquête RTS

Information traitée dans La Matinale du 5 mai 2026