Le rappeur français Naps a été condamné jeudi à sept ans de prison pour avoir violé une femme durant son sommeil le 1er octobre 2021 dans une chambre d’hôtel parisienne. La peine a été assortie d’un mandat de dépôt.

Au petit matin d’octobre 2021, la plaignante a été invitée avec deux amies de l’époque à passer la fin de soirée dans une chambre d’hôtel avec le rappeur, alors âgé de 35 ans. Elle affirme avoir été ensuite réveillée par une pénétration pendant son sommeil. Le Marseillais a lui maintenu durant tout le procès qu’il s’agissait d’une relation consentie.

Dans ses motivations, la cour criminelle de Paris a fait valoir « l’absence de consentement » et souligné que la plaignante, serveuse dans un restaurant, avait de « façon constante » dit « qu’elle dormait » et que « la douleur de la pénétration l’avait réveillée. »

La justice estime que la plaignante « était susceptible de ne pas être en état d’exprimer un consentement libre et éclairé », en raison également de « témoignages constants des deux témoins » sur le fait qu’elle dormait.

Pas de remise en question du rappeur

« On essaie de vous faire croire qu’il s’agit de parole contre parole », mais de « très nombreux éléments objectifs » dans les déclarations de la plaignante, qui « n’a jamais varié » dans son récit, prouvent un « viol par surprise », avait plaidé l’avocate générale plus tôt jeudi devant la cour criminelle de Paris.

La veille, l’artiste marseillais de 40 ans, connu principalement pour son tube « La Kiffance », avait nié avec force avoir violé la jeune femme de 24 ans: « Jamais de la vie ça ne me viendrait à l’idée d’avoir un rapport avec une personne endormie (…) c’est impossible. Ce n’est pas moi », s’est-il défendu.

L’avocate générale a également pointé l’absence de « remise en question » de l’accusé dans ses réquisitions. « Même si elle est inerte, une jeune fille ne peut pas lui résister, ne peut lui dire non », a-t-elle déploré, estimant que pour l’auteur des faits, « si elle là, dans cette chambre d’hôtel, alors qu’il est connu, (…) c’est qu’elle est d’accord ».

« Ne rien dire n’est pas consentir, ne pas bouger n’est pas consentir », a-t-elle encore rappelé.

D’autres accusations

A l’annonce du verdict, la plaignante a fondu en larmes tandis que Naps, Nabil Boukhobza de son vrai nom, a pris sa femme dans ses bras, l’air abattu.

Le Marseillais a également été mis en examen en juillet 2024 dans le Var pour viols et agressions sexuelles à la suite des plaintes de trois jeunes femmes, des accusations qu’il conteste également.

jop avec afp