Un procureur valaisan a requis lundi de la prison ferme contre deux motards des Hells Angels lors d’un procès sous haute surveillance policière. Ils sont accusés d’avoir renversé un motard rival des Bandidos et de lui avoir asséné des coups de marteau. Les prévenus nient l’usage de toute arme.

Des policiers étaient présents lundi à l’intérieur du Tribunal de district de Sion pour fouiller les prévenus, les avocats et le public. A l’extérieur, des agents ont été déployés pour contenir les dizaines de motards Hells Angels venus soutenir deux membres du groupe.

Dans la salle du tribunal, le procureur a requis trois ans de prison ferme contre l’un des accusés, car récidiviste, et une expulsion après 30 mois de prison, dont six ferme, pour l’autre. Il a fustigé les motifs futiles d’une vendetta entre clubs rivaux.

>> Les images lundi au Tribunal de district de Sion : De la prison ferme requise contre deux motards Hells Angels en Valais De la prison ferme requise contre deux motards Hells Angels en Valais / L’actu en vidéo / 1 min. / aujourd’hui à 16:03 Pas d’arme, selon les accusés

Selon les faits décrits par le magistrat, deux Hells Angels vaudois se sont rendus en Valais en avril 2024 pour réparer leur moto afin de marquer le territoire. Sur place, ils croisent un rival des Bandidos valaisan qu’ils pourchassent pour lui voler le blouson aux couleurs de son club. Ils le font alors chuter et lui infligent des coups de marteau, y compris au crâne sans casque.

En tenue civile, les deux accusés ont reconnu une bagarre, banale à leurs yeux, qui s’est limitée aux coups de poing. « Vous avez bien vu le sang sur mes gants », a lancé, désinvolte, l’un d’eux à la juge, avant d’ajouter qu’il faisait face à un « beau bébé ».

La victime n’était, elle, pas présente lors de l’audience.

Manque d’objectivité critiqué

Dans ce milieu, on ne porte pas plainte, a lancé le procureur. Pour lui, si le Bandidos attaqué a affirmé qu’il avait lui-même perdu la maîtrise de sa moto et qu’il avait pu se battre seul face aux deux prévenus, c’est uniquement par fierté.

« Déchirez son témoignage », s’est alors agacé l’un des avocats de la défense.

Ces derniers ont fustigé une enquête partiale et reproché au procureur d’avoir été guidé par la même indignation que ressent la population vis-à-vis de cette guerre des motards.

Sujet radio: Romain Carrupt

Adaptation web: boi/iar